Résumé

P. Protière Souvenir de la fête patriotique du 11 mai 1890… (1891)

Il leva les yeux sur l'abbé Miroy avec une anxiété profonde.
L'abbé comprit le doute. Une pensée lui vint à l'esprit : pour sauver ce malheureux, fallait-il compromettre le salut et la fortune de tout le village ? Il hésitait.
Maignet le dévorait des yeux, lisant sur son visage le combat qui se livrait dans son âme.
— Oui ! Monsieur le curé, ne faites pas cela, ne faites pas cela... Mes pauvres enfants !
Le curé ne l'écoutait plus : — Mon Dieu ! donnez-moi la force et le courage ; ne vaut-il pas mieux qu'un homme meure que tout un peuple ?
Source : Gallica

P. Protière Souvenir de la fête patriotique du 11 mai 1890… (1891)

Mais il est des temps malheureux où les passions humaines obscurcissent le ciel ; les yeux n'en lisent plus les symboles sacrés tant que l'orage n'a pas emporté les nuages. Or, quand la religion s'alanguit, Dieu demande l'épreuve de la persécution ou le sang des martyrs, afin de lui infuser une vie nouvelle, plus généreuse et plus féconde. Quand la Patrie a besoin de sacrifices et d'exemples, la Providence qui veut sauver les nations suscite des héros, et c'est le patriotisme qui les fait d'autant plus sublimes que la religion leur aura davantage inspiré le souffle de Dieu.
Source : Gallica

P. Protière Souvenir de la fête patriotique du 11 mai 1890… (1891)

Le patriotisme qui semblait sommeiller en nous, se leva à l'état de fièvre étonnante dont les accès auraient dû triompher de tout.
Et pourtant, la Providence dont les secrets desseins président aux destinées des peuples ne voulut point couronner ces nobles efforts, réservant pour ainsi dire à un avenir inconnu le triomphe de la France, triomphe dont l'éclat se mesurera à la somme d'héroïsme et de dévouement que de brillantes unités auront centuplée par leurs exemples.
Source : Gallica

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