Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut

Résumé

Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut L’Art de péter

LE Pet que les Grecs nomment πόρδη, en ancien Saxon Purten ou Furten, en haut Allemand Fartzen, en Anglois Fart, est un composé de Vents qui sortent tantôt avec bruit & tantôt sans en faire [1] .
Il y a néanmoins des Auteurs assez téméraires pour soutenir avec une arrogante opiniatreté que le mot Pet proprement pris, c. à. d. dans son sens naturel, ne s’entend que de celui qu’on lâche avec bruit, fondés en cela sur ce vers d’Horace :
Nam displosa sonat quantum vesica pepedi.
Saty. 8.
J’ai peté, dit-il, avec autant de tintammare que pourroit en faire une vessie bien tendue.
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Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut L’Art de péter

On peut encore en se couvrant l’anus avec sa chemise, ou pettant & vessant lentement à travers, s’approcher d’une chandelle recemment éteinte & essayer de la rallumer, quoiqu’il arrive souvent qu’on ne fasse que la réduire en une poudre ardente qui se dissippe en l’air, ou qu’on se brule le derrierre. C’est encore un amusement fort joli que de recevoir une vesse dans sa main, & de l’approcher du nés de celui avec lequel on couche pour lui faire juger du goût ou de l’espéce.
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Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut L’Art de péter

Les simples sont ceux qui ne consistent que dans un grand coup, seul & momentané. Priape les compare avec tout le bon sens possible à des outres crevées, nam displosa sonat quantùm vesica pepedi.
Ils se font lorsque la matiére est composée de parties homogénes, qu’elle est abondante, que le trou par où elle sort est assez large ou assez distendu & que le sujet qui les pousse est robuste & ne fait qu’un seul effort.
Les composés sont ceux qui consistent dans plusieurs grands coups, & qui ne se font entendre qu’éclat par éclat ;
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