René Crevel

Résumé

René Crevel Paul Klee

La matière la plus simple, mots ou couleurs, sert de truchement entre l’au-delà et le voyant. La poésie est la découverte des rapports insoupçonnés d’un élément à un autre, Le peintre doué de poésie, dans la plus sèche géométrie saura trouver les échelles pour ses plongées. Il monte, descend, remonte et, au plus haut palier, parce que la clef a été perdue de cette porte qui devait s’ouvrir à même le ciel, à même le vent, Paul Klee n’aura qu’à regarder par le trou de la serrure, pour découvrir, dans deux centimètres carrés béants, un monde d’étoiles que les hommes croyaient perdu.
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René Crevel Paul Klee

Les parents le laissent libre dans sa décision ; la mère, évidemment, aurait préféré faire de son fils un musicien. Mais un artiste ne doit se fier qu’à son instinct. Or, celui-ci lui déconseillait la musique. En vérité, il ne savait rien du développement qu’avait pris la peinture à cette époque, mais la musique lui paraissait alors peu fertile en possibilités créatrices. Il choisit la peinture. Cette décision prise, et plein de confiance dans les forces inconnues qu’il sentait dans son âme, il se rendit à Munich en octobre 1898 pour y consulter Lœfftz, directeur de l’Académie des Beaux-Arts.
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René Crevel Paul Klee (1930)

Les scaphandriers d'Europe, il est vrai, ont les doigts bien lourds et les plongeurs polynésiens, qui échappent au martyre des semelles de plomb, n'aiment à cueillir, dans leur promenade entre les flots, que les perles douces, rondes, à l'image des paupières de leur sommeil ingénu.
Dès lors, comment ne point appeler miracle, Paul Klee, cette excursion au plus secret des mers d'où vous êtes revenu, avec, dans le creux des paumes, un trésor de micas, de comètes, de cristaux, une moisson d'hallucinants varechs et le reflet des villes englouties.
Source : Gallica

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