Résumé

Collectif La Revue de l’art ancien et moderne

Quand on questionne Alexandre Lunois sur le pays où il a vécu ses heures les plus douces et qui lui a donné ses plus chères émotions d’artiste, il est facile de deviner d’avance sa réponse : le pays d’où il arrive est toujours le plus beau du monde ; et il faut admirer qu’après avoir vu tant de choses et les avoir si bien vues, jusqu’à les faire revivre, on puisse conserver une fraîcheur d’œil et d’impression qui permette d’aborder sans cesse à des rives nouvelles comme si l’on en était toujours à son premier voyage.
Pour le moment, le plus beau pays du monde, c’est la Turquie.
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Les Vieux Turcs peuvent accepter sans arrière-pensée l’hommage de leur ami, car, en les portraiturant, il a mis une coquetterie vraiment touchante à les préserver de tout contact qui eût pu leur déplaire. A part quelques paquebots ancrés devant Stamboul, rien, en effet, dans les paysages et les scènes de la rue que Lunois a rapportés de Turquie, rien n’évoque, à aucun moment, le voisinage de la vie moderne, rien ne donne à entendre que Péra est si proche et que ces placides bonshommes, aux visages barbus sous le fez ou le tarbouch, sont les derniers survivants d’un monde qui va disparaître.
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Certes, le portrait que Lunois a donné de la Turquie est à la fois exact et pittoresque, nomme ou pouvait s’y attendre : mais c’est le portrait d’une certaine Turquie seulement, presque tout entière enclose dans le vieux Stamboul, « la ville des minarets et des dômes, la majestueuse et l’unique, l’incomparable encore dans sa décrépitude sans retour, profilée hautement sur le ciel, avec le cercle bleu de la Marmara fermant l’horizon [3] »...
Ah ! elles ne sont pas « jeune Turquie » pour une piastre, les études d’Alexandre Lunois !
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