Résumé

Rutebeuf Rutebeuf - Œuvres complètes

Le fabliau d’Audigier commence par nous raconter la vie de Turgibus, seigneur de Cocuce et fils de Poitruce, qui épousa Rainberge dont il eut Audigier. Les exploits grotesques de ce héros, s’ils n’étaient pas entremêlés de récits dégoûtants et dont on n’oserait citer le moindre fragment, seraient assez curieux. Ainsi, lorsqu’il vint en France il fit tout de suite éclater sa valeur en perçant de sa lance une araignée. Un autre jour il traversa d’un coup de flèche l’aile d’un papillon, qui depuis ne put voler si ce n’est un peu. Quant à ceux d’Audigier, ils sont de la même force.
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Alors Elye, se retournant vers sa femme qui pleure : « Belle sœur, lui dit-il, qu’Aiol parte pour Orléans, la cité garnie. S’il arrive qu’il y ait là une bataille et qu’il s’y distingue, le roi Louis et la reine l’aimeront. » Avisse, par tendresse pour son fils, refuse. Elle dit qu’il est trop jeune, qu’il ne sait pas encore querre .i. ostel ni parler à un gentilhomme ; enfin qu’elle n’a rien à lui donner. — « Madame, reprend Aiol, que cela ne vous inquiète pas : si vous ne possédez aucun avoir, Dieu en a assez. — Bien, beau fils, dit Elye, vous partirez. »
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L’opinion de Legrand d’Aussy me paraît pourtant assez juste. En principe, tout ce qui n’est pas récit pur, tout ce qui s’agite entre plusieurs personnages sous la forme de dialogue et de causerie sort de la route narrative, et constitue le drame à l’état d’embryon ; mais, pour que cela soit chose théâtrale, il faut encore qu’il y ait action, que le jeu scénique se fasse jour. Or dans les pastorales d’Adam, dans le Miracle de Théophile, etc., on rencontre cette qualité essentielle. Les personnages en effet se meuvent, vont, viennent, agissent : il y a spectacle.
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