Antonin Debidour

Résumé

Antonin Debidour Les chroniqueurs. Villehardoin… (1892)

Ce qui est l'oeuvre propre de Joinville, ce qui permet de le juger comme historien, c'est le milieu de son livre, c'est le tableau de ses six années de croisade, le récit de ce qu'il a fait, de ce qu'il a vu, de ce qu'il a pu apprendre de la bouche même du roi. Il n'a donné la pleine mesure de ses qualités et de ses défauts que dans cette partie de sa Chronique, qui est à tous égards la plus importante et de beaucoup.
Ce qui éclate à chaque ligne, hâtons-nous de le dire, c'est son absolue sincérité. Nous n'avons pas à faire à son égard les mêmes réserves qu'au sujet de Villehardouin.
Source : Gallica

Antonin Debidour Les chroniqueurs. Villehardoin… (1892)

Son oeuvre n'est pas une grande toile épique, comme celle de Villehardouin. C'est une série de tableaux de genre, où le sérieux ne manque pas, mais où il est toujours tempéré, éclairci par cette qualité distinctive de Joinville qui s'appelle la bonne humeur.
La bonne humeur, c'est là, sans conteste possible, le fond de son talent. Presque jamais elle ne lui fait défaut. Joinville, c'est l'enjouement fait homme. Le péril, dont il a grand'peur, ne le rend pas chagrin, et, même quand il pleure, on sent qu'il va sourire.
Source : Gallica

Antonin Debidour Les chroniqueurs. Villehardoin… (1892)

Le vassal égoïste et couard qui fuit le combat et laisse son seigneur en peine lui paraît digne de tous les mépris. Mais le félon qui, au mépris des serments, s'arme contre son maître, le parjure qui porte la main sur son suzerain, mérite, à son sens, non seulement une éternelle infamie, mais un châtiment exemplaire. Il est hors la loi ; lui courir sus est légitime, et s'il tombe lui-même sous les coups de la trahison, il faut applaudir; c'est le jugement de Dieu. Si Villehardouin trouve Murzuphle indigne de pitié, c'est surtout parce qu'il a violé ses serments et fait périr son souverain.
Source : Gallica

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