Tcheng-Ki-Tong

Résumé

Tcheng-Ki-Tong Revue des Deux Mondes

Rassurez-vous, esprits timorés et naïfs, le divorce n’est pas si terrible qu’il en a l’air. À force de le craindre, vous le rendez menaçant, comme Croquemitaine, lorsqu’il suffit pour l’annihiler qu’il soit un remède pire que le mal. Voilà sa vraie définition en Chine. Il suffit qu’il puisse être utile pour que sa présence soit excusable ; mais il a un vice originel de « mal nécessaire, » parce qu’il est un témoignage de l’imperfection humaine et qu’il rompt le charme que nous voyons dans le mariage, union projetée et contractée par la famille pour la famille.
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Tcheng-Ki-Tong Revue des Deux Mondes

Sans nul doute notre femme ne ressemble pas à la femme d’Occident, mais c’est toujours la femme, avec tout ce qui ne se définit pas, et, à quelques nuances près, elles sont toutes filles d’Ève, s’il faut entendre par cette expression la disposition instinctive qui les pousse à dominer le genre masculin. Le meilleur service qu’on puisse rendre à la femme, c’est de la diriger et de lui laisser croire qu’elle dirige pour flatter son amour-propre. Nos traditions nous permettent de faire le bonheur de la femme en ce que, chez nous, le masculin est représenté par le Soleil et le féminin par la Lune.
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Les religions sont au même niveau que l’esprit. Nous avons la religion des lettrés, qui correspond à l’état de culture du corps le plus éclairé de l’empire : c’est la religion de Confucius, ou mieux sa philosophie, car sa doctrine est celle d’un chef d’école qui a laissé des maximes morales, mais qui ne s’est pas livré à des spéculations philosophiques sur les destinées de l’homme et la nature de la Divinité.
Confucius vivait au vie siècle avant l’ère chrétienne, et son souvenir a tant de prestige qu’il n’y a pas une ville en Chine qui n’ait un temple élevé en son honneur.
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