Résumé

Portrait de Maurice Courant Maurice Courant La Femme chinoise dans la Famille et dans la Société

Avant tout, elle est un être inférieur à l’homme : la métaphysique chinoise pose la subordination du principe féminin dans l’univers; la morale prescrit à la fille et à l’épouse une soumission absolue envers le père comme envers le mari et établit la séparation des sexes, moins pour sauvegarder la pureté féminine que pour défendre l’homme d’une influence dégradante; les coutumes, conformes à la morale, enlèvent à la femme toute initiative, toute volonté; le culte des ancêtres, ce qui tient le plus au cœur du Chinois, ne lui donne qu’une place accessoire et lui accorde à peine une personnalité.
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Habituellement, ce n’est que la misère qui engage un père à vendre sa fille comme femme secondaire, à la soumettre à l’autorité d’une épouse principale et à la priver d’une véritable postérité : car les enfans de la concubine sont réputés issus de la principale épouse, qu’ils appellent mama ou grande mama, tandis qu’ils donnent à leur propre mère le nom de tante ; les fils ont part à l’héritage paternel, ils ont accès aux fonctions publiques; ce n’est que pour les titres nobiliaires que les fils de l’épouse rituelle ont le pas sur les autres.
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Mais ici encore, il faut noter que ce que l’on respecte, ce n’est pas la personne, c’est la fonction familiale accomplie, le devoir de perpétuer le culte rempli à la satisfaction des ancêtres : la gloire de la mère n’est donc que le reflet de la gloire de ceux-ci, c’est à eux que tout se ramène, et cette constatation ne sera pas pour surprendre, si l’on songe qu’en Chine la molécule sociale est non pas l’individu qui passe, mais la famille qui dure.
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