Résumé

Willy et Jeanne Marais La Virginité de Mademoiselle Thulette

Vêtu de flanelle blanche, délicieux de grâce adolescente, Edvard lui arracha cet aveu tremblé :
— Il a l’air d’un collégien !
Inquiète, elle jeta les yeux sur son miroir à trois faces : son visage un peu las, au regard profond, aux paupières molles et allongées, c’était celui d’une femme à l’âge de l’amour ; chaque ligne de sa peau, le doux renflement du cou potelé, le pli voluptueux des lèvres semblait dessiner le masque d’une amante qui a déjà vécu, chéri, souffert.
— Non : cette fille de vingt-sept ans ne peut pas jouer les ingénues ! constata une fois de plus Mademoiselle Thulette.
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Willy et Jeanne Marais La Virginité de Mademoiselle Thulette

Captivé par la prestesse de cette grâce souple, il contempla la jolie Siamoise avec un sourire d’admiration. Puis, sa pensée s’évada. Il murmura : « En somme, la vie intérieure, c’est un peloton qui tantôt se déroule et tantôt se rebobine... » De là, il s’éleva vers des problèmes de métaphysique si abstrus que M. Pierre Janet, expert en psychosthénie, les eût sûrement considérés comme des songeries de malades que les phobies travaillent. Longuement, il ratiocina sur la création des âmes qui, cependant, préexistaient...
Il ne songeait plus à Fanny, ni à Thérèse, ni même à Mitsou.
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Willy et Jeanne Marais La Virginité de Mademoiselle Thulette

Avec un sourire ambigu, le philosophe regardait cette demoiselle au masque de femme. Il demanda :
— Il s’agit d’un mariage, n’est-ce pas ?
Fanny fit un signe d’assentiment et dit vivement :
— J’aime, pour la première fois de ma vie, un jeune homme assez amoureux pour m’épouser, mais amoureux de ce que je suis à ses yeux, vous comprenez ? Ce qu’il aime, c’est mon apparence ; il ignore la vraie Fanny. Dois-je le désabuser en lui avouant... la vérité ?
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