Willy et Jeanne Marais, La Virginité de Mademoiselle Thulette
“ Vêtu de flanelle blanche, délicieux de grâce adolescente, Edvard lui arracha cet aveu tremblé : — Il a l’air d’un collégien ! Inquiète, elle jeta les yeux sur son miroir à trois faces : son visage un peu las, au regard profond, aux paupières molles et allongées, c’était celui d’une femme à l’âge de l’amour ; chaque ligne de sa peau, le doux renflement du cou potelé, le pli voluptueux des lèvres semblait dessiner le masque d’une amante qui a déjà vécu, chéri, souffert. — Non : cette fille de vingt-sept ans ne peut pas jouer les ingénues ! constata une fois de plus Mademoiselle Thulette. ”
