Édouard Boinvilliers

Résumé

Édouard Boinvilliers Princes et principes (1871)

Dans un pays aristocratique, la société se gouverne elle-même parce qu'elle fait les frais d'une classe spéciale qui n'a d'autre mission que d'être une classe gouvernante, et qui puise dans la grandeur des intérêts qui lui sont confiés, dans la possession séculaire et incontestée de toutes les forces vives de la nation, l'esprit de gouvernement; soit, en deux mots : la hauteur de vues et l'impartialité. Un Parlement anglais pourra, dans telles circonstances données, ratifier un bill qui ruinera la moitié de ses membres ; un Parlement français ne votera jamais une loi qui pourrait l'amoindrir
Source : Gallica

Édouard Boinvilliers Princes et principes (1871)

Inutile de dire que cette constitution de 1852 peut s'adapter à toutes les exigences du jour; elle comporte la liberté de la presse, la liberté absolue de la tribune, et n'est pas astreinte à avoir à son sommet un souverain héréditaire ; tout cela est nécessairement variable selon les temps ; ce qui reste et doit rester, c'est le principe vrai et éminemment national, d'un chef élu par le peuple, et d'une assemblée chargée d'un contrôle qui peut être aussi efficace qu'on le voudra, puisque c'est elle qui vote l'impôt, mais devant laquelle ne paraîtront pas les ministres du pouvoir exécutif.
Source : Gallica

Édouard Boinvilliers Princes et principes (1871)

Dans l'ordre des faits moraux, la légitimité s'inspire également d'un principe élevé. La loi ne peut tout prévoir : elle suffit à peine à réprimer le crime et le délit constatés, elle ne les prévient pas; la religion seule, avec ses enseignements supérieurs, fait germer dans le coeur de l'homme une notion précise du juste et de l'injuste; seule, elle est capable d'exalter dans son âme la passion du dévouement et d'y élever contre les instincts pervers de sa nature matérielle, des barrières cent fois plus fortes que toutes les législations humaines.
Source : Gallica

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