Émile Gaboriau

Émile Gaboriau

Résumé

Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau La dégringolade

Les lèvres pâles et tremblantes, les joues marbrées de taches rouges, palpitante, oppressée, Mlle Simone écoutait...
—Oui, je devais fuir, poursuivait Raymond, je le sentais, et même un soir je me suis dit: «Je partirai demain.» Le lendemain est venu, et je ne me suis plus senti le courage de partir. Je vous aimais. Moi, dont la vie n'avait été jusqu'alors qu'un long supplice, je voyais tout à coup, à l'horizon, se lever l'aube du bonheur. Qu'adviendrait-il? Aurais-je jamais cette joie ineffable d'être aimé de vous?
Source : Gutenberg

Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau La dégringolade

Un silence suivit, si profond que du petit salon Mme Delorge entendait la respiration rauque de l'architecte.
—Laisser entre vos mains cette lettre maudite, reprit-il, c'est vous donner sur moi le pouvoir que Dieu seul a sur les autres hommes. C'est vous abandonner mon honneur, mon avenir, ma vie, la vie, l'avenir et l'honneur de mon fils. C'est me livrer à vous pieds et poings liés, me déclarer votre esclave, votre chien, votre chose...
L'avocat ne répondit pas.
—Vous laisser cette lettre, continua M. Verdale, c'est renoncer à tout jamais à l'espérance, au bonheur, au repos.
Source : Gutenberg

Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau La dégringolade

Le malheureux la regardait d'un air de stupeur profonde.
—On t'a dit, poursuivit-elle, je t'ai dit moi-même que ton père a été tué en duel... C'est faux, tout me le prouve. Ton père, le vaillant et loyal soldat, a été assassiné! et je connais le meurtrier... Oui, je suis prête à jurer, sur mon salut éternel, que je le connais...
Elle respira avec effort, et reprit, en laissant tomber lourdement chacune de ses paroles:
—Les circonstances sont telles, mon fils, que tout sera mis en œuvre, sans doute, pour étouffer la vérité. Il se peut que la justice humaine nous trahisse.
Source : Gutenberg

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