“ À l’aurore du jour l’attaque de Grendel fut découverte : des clameurs et un grand bruit matinal se firent alors entendre. — Hrothgar était maintenant tout rempli de tristesse ; les soucis que lui causait le sort de ses chevaliers le tourmentait depuis que les traces de l’esprit infernal étaient apparues : cette guerre était trop terrible et trop longue. — La nuit suivante (et sans attendre davantage) Grendel commit de nouveaux meurtres et ne recula ni devant le combat ni devant les crimes : cette affliction s’était terriblement appesantie sur eux. ”
Citations sur “Grendel”
“ Nul de ceux qui contemplaient l’empreinte des pas ne pensait avec peine à la fuite de Grendel dans la mer des niceras et à sa mort. Les flots étaient tout imprégnés du sang du monstre. C’est dans son asile des marais que Grendel, mortellement blessé, alla expirer et livrer son âme à l’enfer. — Les guerriers revinrent à cheval de la mer. La renommée des hauts faits de Beowulf se répandit alors : on répéta dans toute l’étendue du royaume que nul guerrier n’était plus excellent ni plus digne que lui de régner. Mais ils ne blâmaient pas Hrothgar, car c’était un excellent roi. ”
“ J’ai entendu dire que le monstre, dans son assurance, ne faisait aucun cas des armes, mais je t’affirme, par la faveur de Hygelac, mon seigneur, dont je jouis, que je dédaignerai de porter l’épée ou le large bouclier contre Grendel : c’est avec mon poing que je veux saisir l’ennemi et combattre l’implacable combat. Celui que la mort enlèvera croira à la puissance de Dieu. Je pense que si Grendel est vainqueur il voudra dévorer les hommes de Gothie comme il a dévoré souvent l’élite des Hrethmen. ”
“ Je te le dis en vérité, fils d’Ecglaf, jamais Grendel n’eut fait tant de maux à ton roi dans Heort si ton caractère était aussi belliqueux que tu le dis toi-même. Mais il a vu qu’il n’avait pas besoin de craindre trop les épées de votre peuple ; il prend son tribut, il ne fait grâce à aucun Danois, il combat, dort et se gorge à plaisir sans redouter rien de vous. Bientôt cependant il aura affaire à la force et à l’héroïsme des Goths2. — Que celui qui le pourra aille de nouveau prendre l’hydromel quand la lumière se fera demain sur les hommes et que le soleil brillera dans le sud ! ”
“ Je ne porterais pas mon épée contre le dragon si je savais comme jadis pour Grendel qu’il existât une autre manière de remplir l’engagement que j’ai pris contre le monstre, mais je m’attends à affronter une flamme brûlante et c’est pourquoi je me suis muni de mon bouclier et de ma cotte de mailles. Je ne reculerai pas d’un seul pas devant lui, mais il arrivera de cela ce que voudra le destin. Mon âme est vaillante, mais je ne veux pas jeter de défi à l’ennemi. Quant à vous, restez sur la montagne, voyez qui de nous deux pourra mieux résister aux blessures ”
Frédéric Gustave Eichhoff, Tableau de la littérature du Nord au moyen âge… (1853)
“ Mais la nuit ramène la tristesse ; car une fée redoutable, mère de Grendel, pénètre à son tour dans le palais, et immole le plus cher des amis de Beowulf. Celui-ci jure dans sa douleur d'exterminer le monstre et sa mère; il s'arme pour le combat, prend congé de Hrothgar, et part avec ses braves pour le sombre marais hanté par les malins esprits. ”
“ C’est ainsi que j’ai gouverné les Hring-Dene pendant de longues années1 et que je les ai garantis par les armes contre les attaques de beaucoup de peuples, à ce point que je ne pensais plus avoir d’adversaires sous le ciel. Mais quoi ! un changement se fit dans ma demeure ; l’effroi succéda au plaisir après que Grendel se fut introduit chez moi : je souffris à cause de lui de longues infortunes. Je remercie Dieu qui m’a laissé vivre pour contempler de mes yeux sa tête ensanglantée ! Rends-toi à ton banc et jouis du festin, illustre guerrier ”
“ Je n’ai pas une plus mauvaise idée de ma force guerrière que Grendel n’a de la sienne, c’est pourquoi je ne le tuerai pas avec mon épée bien que j’en aie la puissance. Quoique redoutable dans les combats il ne saurait se battre avec des armes courtoises2 ; c’est pourquoi nous ne nous servirons ni l’un ni l’autre de l’épée s’il ose venir m’affronter, et Dieu décidera comme il le jugera convenable auquel de nous deux devra revenir la gloire. ”
“ Le héros n’hésite pas ; il se met en marche vers la mer qui sert de demeure à l’engeance de Grendel. Ce lieu est terrible : les flots, sous le souffle de la rafale, s’y élèvent jusqu’au ciel ; des caps nus et venteux bordent cette mer au sein de laquelle nagent les dragons. Le cerf, forcé par les chasseurs, aime mieux se rendre que d’y chercher un refuge. Beowulf laisse ses compagnons sur la côte et entre dans les flots. Il est emporté, au milieu de circonstances assez singulières, dans l’habitation de Grendel et commence l’attaque contre la mère du monstre ”
“ Il s’empare alors de l’un des guerriers qu’il dévore séance tenante puis il se jette sur Beowulf. Mais tandis que ses compagnons étaient plongés dans le sommeil notre héros veillait : il a vu venir Grendel et il se prépare à lui faire face. Une lutte s’engage ; Beowulf cherche à retenir son adversaire sous sa terrible étreinte, mais Grendel, qui reconnaît trop tard qu’il s’est attaqué à plus fort que lui, s’échappe en laissant un de ses bras au pouvoir du héros. Les Danois, heureux d’être débarassés de leur ennemi invétéré, célèbrent cette victoire par des réjouissances. ”
Frédéric Gustave Eichhoff, Tableau de la littérature du Nord au moyen âge… (1853)
“ La nuit vient, et du fond des marais surgit le malin esprit qui vole sur les brumes des montagnes ; il traverse les rangs des guerriers endormis, et plein de rage, s'avance vers Beowulf, dont il attaque un des hommes d'armes. Le héros se réveille, il lutte contre Grendel, et parvient à le mettre en fuite : nouvelle joie, nouveau festin dans le palais. Le roi donne à Beowulf une riche bannière, un casque, une cuirasse, une épée, et le comble de marques d'honneur ”
“ Autour de lui se couchèrent de nombreux guerriers. Ils croyaient ne devoir jamais retourner dans leur patrie, car ils avaient appris que beaucoup de Danois avaient péri dans cette salle. — Mais le Seigneur leur donna la fortune des combats ; il assista les Goths de manière qu’ils purent vaincre tous leurs ennemis par la force de leur chef. — Grendel vint à travers la nuit ténébreuse. Les guerriers, à qui était dévolue la garde de la salle, dormaient, à l’exception de l’un d’entre eux : Beowulf veillait à l’ennemi, il attendait avec irritation l’issue du combat. ”
“ Il est tombé privé de vie dans le combat, maintenant un autre ennemi redoutable est venu venger la mort de son fils ; la mère de Grendel nous a voués à sa haine et maint guerrier déplore maintenant cette cruelle affliction. À présent la main de celui qui était toujours prêt à faire ce qui vous était avantageux est immobile ! J’ai entendu dire à des hommes de mon peuple qu’ils avaient vu deux géants, deux habitants des marais dont l’un, d’après ce qu’ils purent savoir de plus précis, avait un visage de femme et l’autre avait l’aspect d’un homme, bien qu’il fût plus grand qu’aucun être humain ”
Anonyme, Beowulf et les premiers fragments épiques anglo-saxons
“ Un monstre du nom de Grendel, habitant avec sa mère les marécages voisins, vient de nuit y assaillir les Danois et emporter des victimes qu’il dévore dans son repaire. Les conseillers du chef cherchent en vain un remède à leurs maux et plusieurs années se passent pleines de deuils et d’affreuse tristesse. C’est alors qu’un jeune noble géate, Beowulf, dont le père Ecgtheow eut jadis à se louer des bons offices de Hrothgar, entend parler de son infortune et se décide à lui porter secours. ”
Anonyme, Beowulf et les premiers fragments épiques anglo-saxons
“ Pour lui, Grendel et sa mère, bien que garantis contre l’atteinte des épées par des arts magiques, ne sont que des mortels d’une taille extraordinaire, mais vulnérables et destinés à succomber. Quant au dragon, malgré les flammes dont il s'entoure, il suffit d’un bouclier en fer pour l’affronter avec succès et, pour le tuer, d’un coup adroitement porté au ventre, où les écailles ne le protègent pas contre l’assaut meurtrier (Beowulf, v. 2699-2700) . ”
“ Ecgtheow me prêta serment. — J’ai peine à dire à qui que ce soit l’humiliation que Grendel m’a causée dans Heort. Les rangs de mes compagnons se sont éclaircis : le destin les a livrés à la haine du monstre. Dieu peut empêcher sans peine ce téméraire de commettre ses crimes. Bien souvent les guerriers, pendant le festin de la bière, ont promis de l’affronter dans la salle avec la pointe de l’épée ”
“ C’est ainsi que nous passâmes toute la journée à l’intérieur en nous divertissant3 jusqu’au moment où la nuit se fut faite pour les hommes. La mère de Grendel fut bientôt prête pour la vengeance ; elle s’avança soucieuse de la mort de son fils. Elle le vengea alors en tuant l’un des guerriers ; Æsc-here, le sage conseiller, périt sous sa griffe. Quand le matin fut venu les Danois ne purent le charger sur le bûcher et le livrer aux flammes, car la furie avait emporté son corps sous le torrent de la montagne. Ce fut le coup le plus terrible que Hrothgar eût éprouvé depuis longtemps. ”
“ Bientôt après il foula le plancher de la salle et s’avança en courroux ; une lumière sinistre, pareille à une flamme, lui sortait des yeux. — Il vit beaucoup de guerriers qui dormaient étendus les uns à côté des autres ; il se trompait en ce moment en croyant qu’il pourrait les tuer tous avant la venue du jour (il avait l’espoir de faire un grand repas.) Le sort ne voulait plus qu’il saisît de nouveaux hommes pendant la nuit. — Le parent de Hygelac vit comment Grendel se disposait à attaquer subitement avec ses griffes. ”
Anonyme, Beowulf et les premiers fragments épiques anglo-saxons
“ Lors il s’en alla méprisé, privé de joie, voir l’habitation de la mort, lui, l’ennemi de la race humaine. Et lors sa mère encore, avide et d’humeur patibulaire, voulut aller en lamentable aventure venger la mort de [son] fils ; lors elle vint à Héorot, où les Danois aux Anneaux [112] 1280 étaient assoupis par toute la salle. Lors bientôt il se trouva là un bouleversement pour les comtes, après que la mère de Grendel fit irruption. ”
Anonyme, Beowulf et les premiers fragments épiques anglo-saxons
“ Lors il jeta l’arme damasquinée couverte de bijoux, le soldat irrité, en sorte qu’elle gisait à terre, raide avec son tranchant d’acier ; il se fiait à sa force, à l’étreinte de sa droite puissante. Ainsi doit faire un homme, quand il pense mériter au combat louange durable, il n’a pas souci de sa vie. Lors le chef des Géates du combat (il n'avait nullement cure de la querelle) , prit par l’épaule la mère de Grendel, lors le [chef] hardi au duel, alors qu’il était furieux, jeta 1540 l’ennemie mortelle de sorte qu’elle s’affaissa sur le parvis. ”
Anonyme, Beowulf et les premiers fragments épiques anglo-saxons
“ De cette falaise marine ils portèrent la tête, péniblement pour chacun d’eux, [les] très braves ; quatre [d’entre eux] durent sur la pique de carnage transporter avec labeur dans la salle d’or le chef de Grendel, 1640 jusqu’à ce que soudain survinrent dans la salle, prompts [et] belliqueux, les quatorze Géates ; avec [eux] le seigneur des hommes, fier dans [sa] troupe, foula les prés d’hydromel [du palais] . Lors le prince des vassaux entra, l’homme vaillant en actes honoré de gloire, le héros brave à la bataille, pour saluer Hrothgar. ”
Anonyme, Beowulf et les premiers fragments épiques anglo-saxons
“ Tel devrait être un comte, [noble] excellent, tel que fut Aeschere. 1330 À Héorot l’étranger meurtrier errant devint son assassin ; moi, je ne sais où [l’être] terrible, fier de [la carcasse, a effectué sa retraite, mis en évidence par son repas. [L’ogresse] a vengé la querelle – parce que dans la nuit d’hier tu as tué Grendel de façon violente par de dures étreintes, attendu que trop longtemps il diminua ma nation et [la] détruisit. ”
Wilhelm Grimm, Les Douze frères. La Grenouille… (1939)
“ « Ma fille, d'où vient ta frayeur? Peut-être y a-t-il là un géant qui voudrait t'emporter? — Oh non, répondit-elle, ce n'est pas un géant, c'est une vilaine grenouille. — Que te veut-elle ? lui demanda son père. — Ah! cher père, hier je jouais près du puits quand ma balle d'or tomba dans l'eau. Me voyant pleurer, cette grenouille est allée me la chercher, et comme elle m'avait demandé auparavant de devenir mon amie, je lui ai promis ce qu'elle voulait, mais je n'aurais jamais cru qu'elle pût quitter son puits. C'est elle qui est là, et elle me prie de la laisser venir près de moi. » ”
Passé, présent et avenir de Grenelle (1848)
“ Grenelle, nous ne le cacherons pas , n'a point de société proprement dite. Tout se borne à de simples relations commerciales. Les propriétaires se connaissent à peine et ne se fréquentent point- De leur côté, les employés ne peuvent guère être considérés que comme des citoyens honoraires du pays ; ils mangent et dorment à Grenelle; mais ils vivent à Paris. Dans les courts instants qu'ils y passent, Grenelle n'est pour eux qu'un lieu champêtre de délassement et de jardinage. La vie de famille exclusive et casanière leur suffit. ”
Passé, présent et avenir de Grenelle (1848)
“ H est temps de concentrer notre attention sur la ville de Grenelle proprement dite, et de faire connaître sa création et ses accroissements successifs. Il y a une vingtaine d'années, le sol qui s'étend au delà du champ de Mars, livré encore presqu'entièrement à la culture, offrait à peine çà et là quelques constructions isolées. La toute-puissance de l'association a fait surgir comme par magie une ville sur une plaine déserte pendant tant de siècles. ”
Philippe Aubert de Gaspé,
Mémoires
“ Mais les cheveux lui vinrent à pic sur la tête, quand il vit Grenon monter les épouvantables côtes de la baie Saint-Paul au pas ordinaire en traînant seul sa charrette, tandis que son cheval suivait la charge en se régalant de quelques gueulées de foin qu’il arrachait de la voiture. Le curieux voulut alors fuir, croyant que c’était le diable en personne qu’il voyait, lorsque Grenon qui le reconnut lui cria : Malheur à toi si tu en parles ! Toute la paroisse a toujours pensé que Satan seul pouvait être doué d’une telle force. ”
Augustin Challamel, Un Été en Espagne, par Augustin Challamel… (1843)
“ La description la plus poétique de Grenade serait aussi la plus vraie. Des senteurs exquises enivrent le voyageur qui, pour la première fois, traverse cette campagne. Il comprend que ce climat est bien celui d'un printemps éternel, et que la chaleur la plus forte se supporte, grâce à la fraîcheur des nuits. C'est l'ensemble de Grenade, c'est sa position qu'il faut admirer avant tout. Nous avions passé trois nuits en diligence, pour venir à Grenade. Le sommeil l'emporta sur la rêverie. ”
Augustin Challamel, Un Été en Espagne, par Augustin Challamel… (1843)
“ Si le voyageur s'attendait à trouver dans Grenade autre chose que des ruines splendides, autre chose qu'un climat merveilleux, il ne tarderait pas à perdre, une à une, ses illusions. Les rues sont petites et étroites; les maisons sont plutôt bizarres que jolies. Les églises, les monuments y ont peu d'apparence. Mais les promenades, on ne se lasse point de les parcourir; et les environs de la ville sont délicieux. La vega (la campagne) de Grenade a dix à douze lieues de diamètre, et vingt-sept de circonférence. ”
Albin Gras, Grenoble en 1814 et 1815, par M. Albin Gras… (1854)
“ Habitants de Grenoble, soyez convaincus que vos magistrats ne cessent point de veiller au salut public; mais rendez-les forts de votre assentiment : la moindre atteinte portée à l'union qui règne parmi nous deviendrait une espérance pour nos ennemis. Au nom de celle tranquillité, de cette paix vers laquelle tendent tous nos vœux, que chacun de vous reprenne ses occupations ordinaires, et continuons à donner cet exemple de calme et de sécurité qui, dans toutes les circonstances, a heureusement distingué les habitants de Grenoble. ”
Philippe Aubert de Gaspé,
Mémoires
“ Je n’ai pas cru devoir clore cet article sur les Grenon sans rendre visite aujourd’hui, 28 février 1864, à mon ancien ami l’honorable Paschal de Sales Laterrière, membre du Conseil Législatif, dans l’espoir d’obtenir quelques renseignements sur l’Hercule du Nord. Je le croyais en mesure de me les donner ; 1o. parce qu’il a résidé pendant quarante-cinq années dans la seigneurie des Éboulements voisine de la baie Saint-Paul ; et 2o. parce que étant lui-même pendant sa jeunesse d’une force musculaire peu commune, il n’aura pas manqué de s’enquérir des prouesses attribuées au sieur Grenon. ”
