“ Le roi, muni de cet amrita, allait pour sauver son armée, lorsque, sur le chemin, il rencontra deux hommes envoyés par Çâlavâhana, qui lui demandèrent cet amrita. L’auguste Vikramâditya avait pris l’engagement de donner à qui que ce fût ce qu’on lui demanderait. En conséquence, pour ne pas violer l’engagement pris, il donna l’amrita à ces deux hommes. — La véritable grandeur consiste à ne jamais agir contrairement à la parole donnée. Ainsi pensait l’auguste Vikramâditya, quand il était seul, sur le chemin. ”
Vikramaditya
Définition et enjeux
Le thème de “Vikramaditya” a été abordé par des auteurs tels que Léon Feer, Frédéric Baudry, Antoine de La Mazelière, Charles Schoebel ou Joseph Reinaud. Il est souvent associé à des termes comme Inde, yogi, Vishnu, la divinité ou le trône.
Citations sur “Vikramaditya”
“ Vikramâditya, tu es un homme excellent ; pour rendre service aux autres, tu es prêt à perdre la vie. — À ces mots, la divinité rendit la vie à cette femme et à cet homme, leur donna la royauté de ce lieu et disparut. Comme un homme endormi se dresse quand son sommeil est interrompu, ainsi cet homme et cette femme se levèrent et, par la faveur de la divinité, devinrent roi et reine de ce lieu. Quant au roi Vikramâditya, il rentra dans sa capitale. ”
“ LES TRENTE-DEUX RÉCITSDU TRÔNE I. — APERÇU GÉNÉRAL § 1 — LES CONTES RELATIFS À VIKRAMÂDITYA Le nom du roi Vikramâditya ( « Soleil d’héroïsme » ) est un des plus illustres parmi ceux des souverains de l’Inde. Son règne marque l’époque où la culture des lettres et des sciences brilla du plus vif éclat. ”
“ Un jour, l’auguste Vikramâditya, se promenant çà et là pour voir le monde, arriva à un autel de divinité tel qu’il n’en avait pas encore vu d’aussi agréable, et s’y arrêta. Sur ces entrefaites, un homme vint à son tour, s’installa près du roi, et se mit à répandre un grand flux de paroles. Le roi, en l’entendant, fit un raisonnement dans son for intérieur : Cet homme, se dit-il, doit être bien méchant ; autrement, pourquoi un tel flux de paroles ? Il n’est pas dans la nature d’un homme de bien de répandre sans raison un tel flux de paroles. ”
“ Après avoir entendu ces paroles et d’autres propos inspirés à cet homme par la douleur, l’auguste Vikramâditya lui donna Kanthâ et les deux autres objets qu’il devait à la faveur du Yogî, puis rentra dans sa capitale et y demeura. « Quant à l’homme, par la puissance des trois objets divins que l’auguste Vikramâditya lui avait communiqués, il recouvra son royaume, ses femmes et tout le reste de son entourage. » ”
“ Après avoir entendu le récit de Sumitra, le roi fut tout entier à la curiosité ; il alla près du chaudron plein d’huile et sauta dans le liquide. À la nouvelle de cet événement, Madanasanjîvanî arriva ; quand elle vit devant elle l’auguste Vikramâditya, elle oignit d’Amrita le corps brûlé (du roi) qui redevint tel qu’il était auparavant, sans brûlure et sans souffrance. La belle aux membres divins dit à Vikramâditya : Eh ! grand roi, c’est une grande qualité chez un roi que (de savoir subir) de cruelles souffrances ”
“ Après avoir ainsi blâmé les gens du pays pour les corriger, il s’avança vers l’autel de cette divinité, et il vit qu’un prédicateur, après avoir baigné un homme, l’avoir orné d’habits rouges, de sandales rouges, de guirlandes rouges, l’amenait comme pour le sacrifier. En voyant ces gens, l’auguste Vikramâditya s’écria : Fi ! méchants et pervers que vous êtes, lâchez cet homme à l’instant ; il est anéanti par la crainte de la mort. S’il vous faut absolument une victime humaine à sacrifier, je m’offre librement moi-même en victime ”
“ Écoute, ô roi Bhoja ! Celui-là seul peut siéger sur ce trône dont la grandeur est égale à celle de Vikramâditya. Le roi lui dit : En quoi consistait la grandeur de Vikramâditya ? — La figure répondit : « Écoute, ô roi ! » ”
“ « Eh ! roi Bhoja, telle était la munificence de l’auguste Vikramâditya : c’est pour cela qu’il siégeait sur ce trône. Aujourd’hui, il n’y a pas de roi semblable à lui : toi-même, tu ne l’es pas. » C’est de cette manière que, ce jour-là encore, l’auguste roi Bhoja se désista. ”
“ Ô roi Bhoja, tu as entendu comment le roi Vikramâditya remplissait les désirs des autres. S’il y a en toi une telle aptitude à remplir les désirs des autres, alors tu es digne de t’asseoir sur ce trône. ”
“ Après avoir eu ce songe, l’auguste Vikramâditya s’éveilla, se leva, s’habilla, puis fit en lui-même ces réflexions : Excepté moi, on n’a pas vu d’homme pourvu des vingt signes qui caractérisent le chef suprême ; c’est donc à moi de m’offrir moi-même en sacrifice pour rendre service à cet homme. ”
“ Donc, après avoir reconnu le peu de valeur du samsâra, un homme de bien doit amasser des mérites, et faire en sorte que les misérables amassent des richesses. « Ce raisonnement fait, l’auguste Vikramâditya, ouvrant les portes des pièces qui renfermaient tout ce qu’il avait de richesses et de biens meubles, fit publier partout (cet ordre) : que quiconque le désire vienne puiser au mobilier du roi. À la suite de cette proclamation, beaucoup de gens pauvres du pays arrivèrent, et chacun s’en retourna après avoir pris ce qui lui agréait. » ”
“ Dans le temps où l’auguste Vikramâditya exerçait la royauté complète de la ville d’Avantî, en ce temps-là, par la force de la justice du roi, tout le monde se plaisait communément dans la vertu. Les femmes ne connaissaient qu’un seul homme ; tous grains poussaient en toutes terres ; on se détachait du mal, on s’attachait à la loi, on persistait dans des résolutions conformes au sens des Çâstras, on respectait les hôtes, on se conformait au commandement de son père, de sa mère, du roi, etc., on suivait une morale conforme à la science de l’âme suprême ”
“ Quand le matin fut venu, les deux divinités abandonnant les formes magiques qu’elles avaient prises, (l’une) la forme de vache, (l’autre) la forme de tigre, reprirent leur forme propre et dirent à l’auguste Vikramâditya : Eh ! Vikramâditya, grand roi des rois, nous sommes des divinités qui, pour savoir jusqu’où va ta fidélité à la loi, doublée de pitié, avons pris ces formes au moyen de la magie ; nous sommes éclairées. ”
“ Dès qu’il eut repris connaissance, l’auguste Vikramâditya fit d’abord un acte d’adoration et de foi, puis adressa plusieurs hymnes à l’auguste divinité du soleil. L’auguste divinité du soleil, toute satisfaite des hymnes du roi, lui donna chaque jour une paire de boucles d’oreilles en or pesant un Bhâra. ”
“ De la ville d’Avantî le roi Vikramâditya exerçait la domination sur tous les pays. Les habitants des contrées soumises à son empire pratiquaient chacun les devoirs de sa caste, sans jamais commettre de transgressions ; ils observaient continuellement les préceptes des Çâstras, ne mettaient jamais leur satisfaction dans l’injustice, faisaient toujours des efforts pour s’entr’aider. ”
“ Dès qu’il y fut arrivé, il se mît à chercher : non loin de cette ville était une épaisse forêt, où il découvrit la femme en pleurs. Au moment où cette femme fit entendre ses plaintes, à cet instant même, il s’avança à travers la forêt, dans la direction de cette femme, le glaive en main. Arrivé près d’elle, il vit un Râxasa, à la figure épouvantable, sans pitié, qui la battait à tour de bras. À ce spectacle, le roi Vikramâditya, ému de compassion, accabla le Râxasa de reproches et lui dit : Fi ! fi ! pervers Râxasa, qui bats une faible femme, quelle humanité y a-t-il en toi ? ”
“ Celui du 19e, reconnaissant, à la seule vue de Vikramâditya tous les mérites dont il est doué, lui donne trois talismans. Il y a incontestablement des Yogis recommandables et dignes de leur profession ; mais tous ne sont pas aussi sages et aussi généreux que ceux dont nous venons de parler ; et les Yogis de l’Inde comme les moines et les prêtres européens du moyen-âge, nous sont plus d’une fois dépeints sous des traits peu favorables. Celui de l’introduction est un misérable prêt à commettre tous les crimes, pour gagner l’homme d’or ; Vikramâditya lui tranche la tête. ”
“ Il y avait un roi appelé Candraçekhara. Un jour, comme il siégeait dans son conseil, un étranger, un ménestrel, vint se présenter devant lui et célébra en plusieurs manières la gloire (de Vikramâditya) en disant : Il est doué de toutes les qualités, aussi tous se réfugient en lui ; lui-même est l’asile de toutes les qualités ; car c’est un homme qui a l’intelligence de toutes les qualités, un homme comme il n’y en a pas. ”
“ À la nuit, à l’heure du sommeil, la déesse Kâmâkhyâ dit au roi en songe : Eh ! grand roi Vikramâditya, pourquoi es-tu venu ici ? Si c’est à cause des sentiments dont cet homme souhaite d’acquérir la réalisation que tu es venu, que tu te trouves ici, alors offre-moi en sacrifice un homme pourvu de l’étendard, du diamant, de l’aiguillon, etc., en un mot des vingt signes expliqués dans le Sâmudraka-Çâstra ; et la réalisation des sentiments se manifestera pour lui. ”
“ Le roi Vikramâditya ajouta : Eh ! yogî, ce qui doit arriver nécessairement ne sera changé en aucune manière ; que peuvent les efforts de l’homme ? — Le yogî répondit : Eh ! grand roi, ce que tu as dit est contraire au Nîti-Çâstra. D’après le Nîti-Çâstra, l’homme qui fait des efforts incessants est le meilleur. Dire : ce qui doit arriver arrivera, ce qui ne doit pas arriver n’arrivera pas, quelques efforts que l’on fasse, c’est parler en homme vil ; car aucun acte n’est en dehors du but que l’homme peut atteindre, et celui qui se vante d’être inactif est méprisable. ”
“ Sur ces entrefaites, l’auguste Vikramâditya s’approcha du pandit et, voyant son air abattu, lui fit cette question : Hé ! Brahmane, qui es-tu ? Pourquoi restes-tu assis ici ? — Le pandit répondit : Je suis un pandit qui juge d’après le livre des signes ; je me reposais des fatigues du chemin quand j’ai vu un homme extrêmement pauvre, dont le pied droit avait la marque du lotus ; et je médite sur cette circonstance qui est en désaccord avec le sens du Çâstra. ”
“ VIKRAMÂDITYA ET ÇÂLIVÂHANA Quand nous parlons « d’histoire », il est bien entendu qu’il ne peut être question de retracer la vie de Vikramâditya, ni même de faire la critique des faits cités dans le recueil pouvant avoir un caractère historique ; il s’agit simplement de recueillir et résumer ces faits. ”
“ « Vikramasena, fils du roi Vikramâditya, ayant été sacré dans la royauté, protégea les créatures comme (avait fait son père) , mais ne s’assit pas sur le trône donné par Indra [2] . Et depuis, roi Bhoja, sache-le bien, nul ne s’est assis sur le trône suprême. Car une voix aérienne se fit entendre, disant : « Sur la surface de la terre, nul n’est digne de s’asseoir sur le trône. Faites donc une excavation dans un lieu pur pour l’y enterrer et l’y garder. » Les ministres, ayant entendu ces paroles, enterrèrent le trône et le gardèrent. ”
“ Vikramâditya voyage beaucoup : ses excursions, à la vérité, ne sont pas longues ; il a des chaussures magiques qui lui font faire en peu de temps bien du chemin, et il est si déterminé qu’il achève promptement ses entreprises. ”
“ Informé de cette circonstance par les rapports de ses messagers, l’auguste roi Vikramâditya fit publier partout dans ses états l’ordre suivant : Que les étrangers venus pour avoir des aliments puissent manger en toute liberté ce qu’ils trouveront et où ils le trouveront sans qu’on y mette nul empêchement. ”
“ Ce récit nous fait assister à un débat entre un Yogi incrédule et le roi Vikramâditya croyant : nous voyons la religion discutée, contestée, niée par un des hommes qui l’ont embrassée spécialement et font profession de la connaître mieux que les autres, et défendue par un roi qui peut avoir à remplir envers elle des devoir généraux de protection, mais qui n’a point précisément qualité pour plaider sa cause. ”
Antoine de La Mazelière, Essai sur l'évolution de la civilisation indienne… (1903)
“ Au sixième siècle, se placerait le règne de Vikramàditya (d'Ujjayin dans le Mâlwa) , le vainqueur légendaire des scythes ou des huns blancs, et le patron supposé de l'astronome Varàhamihira (505-587) , du lexicographe Amara Sinha, du célèbre Kàlidâsa, du grammairien Vararuchi, etc. Après la mort de Vikramâditiya, la suprématie revint à l'Inde septentrionale qui connut de puissants souverains : ainsi Çilàditya (550-580) et Cilâditya II (vers 607) , qui régnait à Kanauj lors du voyage d'Hiuen-Tsiang. Çilàditya mourut vers 652. ”
Frédéric Baudry,
Mythologie zoologique, ou les Légendes animales…
(1874)
“ Plus tard, Vikramâditya tue le roi des démons dans une bataille où a lieu ce fait remarquable, qu'autant de nouveaux démons reviennent l'assaillir qu'il a fait de morceaux de celui qu'il a tué; cela dure jusqu'à ce que le héros se multiplie à son tour et oppose à chaque démon un lion qui lui sort du corps. ”
“ Ce qui nous paraît le plus remarquable dans les assertions du narrateur, relativement au culte, c’est l’inutilité de tous les actes religieux constatée plusieurs fois, notamment dans le récit 24 ; ils sont impuissants à conjurer la flamme ; le sacrifice seul de la vie est signalé comme ayant cette efficacité. Nous avons déjà noté la répétition fréquente de cet acte important dont Vikramâditya abuse évidemment, peut-être parce qu’il sait bien, par expérience ou autrement que, au bout du compte, son sacrifice ne lui coûtera pas bien cher et lui vaudra, dès cette vie, de belles récompenses. ”
“ Sambandhakar. — Nom du champ où fut trouvé le trône de Vikramâditya. Intr. Samsâra. — Le monde changeant, dans lequel les êtres roulent incessamment d’existence en existence sous les formes les plus diverses. Sâmudraka-Çâstra ( « Livre des signes » ) . — (Étendard, diamant, aiguillon, etc.) , où sont décrites et expliquées les vingt lignes du corps qui annoncent les aptitudes et les destinées des individus, 28, 31. Sankhya. — Système philosophique ; les docteurs du Sankhya paraissaient à la cour de Vikramâditya. Intr. — Dixième des dix-huit sciences et des quatorze de l’Adrishtârtha, 4. ”
Frédéric Baudry,
Mythologie zoologique, ou les Légendes animales…
(1874)
“ Le jeune Vikramâditya passe son enfajice dans les forêts où il apprend tous les arts sans excepter celui de voler, ainsi que toute espèce de fraude commerciale, que lui enseignent les filous les plus expérimentés ; par d'adroites fourberies il acquiert la possession d'un diamant enchanté qui se trouvait dans la hanche d'un mort, et d'un enfant qui avait la faculté de comprendre le langage des loups et qui s'appelait lui-même le fils des loups, quoiqu'en réalité il eût reçu le jour sur la grande route, de la servante qui avait mangé le reste du gâteau ”
“ Vikramâditya conclut de là que rien ne peut arrêter le cours du destin, qu’il est donc bien inutile de faire des efforts en pure perte ; mais un docteur lui oppose le Nîti-çâstra qui fait à l’homme un devoir de lutter contre la fortune, contre le destin, et de déployer constamment toutes les énergies qu’il a en lui (13) . ”
“ Kanthâ. — Talisman qu’il suffit de toucher pour obtenir les richesses auxquelles on pense, donné par le yogi Trilokanatha à Vikramâditya qui le donne à un roi détrôné et mendiant, lui permettant ainsi de recouvrer ce qu’il a perdu, 19. Kanyakubjâ. — Pays, patrie de Siddhasena. Intr. Karbura-mantrajâla ( « Réseau du mantra d’or » ) . — Signe du corps qui, placé dans l’intérieur au côté gauche, détruit l’effet de tous les signes défavorables, supplée à tous les signes favorables, et assure à celui qui le possède l’aptitude royale. Vikramâditya était pourvu de ce seul signe, 28. ”
“ C’est à eux qu’on attribue les sacrifices humains ; d’après le récit 27, il existe une ville de Vetâlas où de tels sacrifices se célèbrent ; et Vikramâditya les fait cesser. La fantasmagorie du récit 29e, l’apparition de cet homme imaginaire qui meurt pour reparaîtra peu après et de cette femme, non moins imaginaire, qui se brûle, croyant être devenue veuve, est l’œuvre d’un Vaitâlika, c’est-à-dire d’un homme de la race des Vetâla, ou d’un disciple des Vetâla, qui se présente devant le roi armé d’une canne (une baguette magique !) ”
