“ Dès qu’il y fut arrivé, il se mît à chercher : non loin de cette ville était une épaisse forêt, où il découvrit la femme en pleurs. Au moment où cette femme fit entendre ses plaintes, à cet instant même, il s’avança à travers la forêt, dans la direction de cette femme, le glaive en main. Arrivé près d’elle, il vit un Râxasa, à la figure épouvantable, sans pitié, qui la battait à tour de bras. À ce spectacle, le roi Vikramâditya, ému de compassion, accabla le Râxasa de reproches et lui dit : Fi ! fi ! pervers Râxasa, qui bats une faible femme, quelle humanité y a-t-il en toi ? ”
Léon Feer
Résumé
"Contes indiens" de Léon Feer est une collection de récits inspirés des traditions indiennes, publiée au XIXe siècle. L’œuvre met en scène des personnages mythiques comme Vikramâditya, un roi juste, ou Râxasa, une créature maléfique, dans des histoires où les thèmes de la vertu, de la connaissance et des faiblesses humaines prennent le devant de la scène.
À travers des dialogues philosophiques et des dilemmes moraux, Feer explore la relation entre le pouvoir, la divinité et la sagesse, illustrée par des figures comme Laxmî ou Vetâla Agni. Le texte mêle récits éducatifs et réflexions sur la nature humaine, soulignant l’importance de l’instruction par rapport à la fortune ou à la royauté.
Citations de Contes indiens (Léon Feer)
“ Sur ces entrefaites, la reine dit : Eh ! grand roi, je pense à une chose ; enserré comme tu l’es par le cercle des rois ennemis, ce pays ne sera bientôt plus à toi. Aussi, cherchant ton bien, je te rappelle que si un roi s’abandonne au vice, sa royauté a beau être soutenue par la richesse, l’intelligence, la capacité, elle est destinée à périr. Ce vice peut être de dix-huit espèces différentes, dont dix se rattachent à l’amour, et huit à la colère ; tel est l’ensemble des dix-huit espèces de vices. Aussi, un roi doit-il toujours se garder de l’amour et de la colère. ”
“ La condition du veuvage entraîne presque fatalement la faute. De même que l’épouse a sa part aux biens acquis par le mari, de même la mort de l’épouse résulte de la mort du mari. Ainsi, grand roi, au moment du mariage, quand le feu a été allumé après qu’on a prononcé les mantras du Veda, alors commence l’union indissoluble du mari et de la femme ; c’est dans cette promesse mutuelle que consiste l’accomplissement du mariage. Ainsi la femme est la forme extérieure de l’énergie de l’homme. L’homme peut subsister sans l’énergie ; mais, sans l’homme, l’énergie ne pourrait jamais subsister. ”
