“ Le sophiste, après avoir entendu ces paroles, poussa un immense éclat de rire et dit : Périssent les ignorants trompeurs dont les preuves sont vaines et factices ! Mais toi, grand roi, tu es savant, tu saisis l’essence des choses ; ce langage n’est pas digne de toi. Écoute les discours des sages qui aspirent au but suprême. Les hommes ignorants qui font des actes en vue du Svarga sont dans un grand égarement d’esprit. Voir un acte disparaître sous ses yeux, et oser prétendre que cet acte qui a cessé d’exister est, grâce à la transmigration, le générateur d’un fruit tel que le Svarga ! ”
Léon Feer
Élements biographiques
Léon Feer (1830-1902), linguiste et orientaliste français, marqua l’histoire des études orientales par ses recherches sur le sanscrit, le tibétain et le bouddhisme. Spécialiste des textes anciens, il traduisit des œuvres fondamentales comme le Kanjur tibétain, tout en explorant les civilisations mongoles et indiennes.
Ses écrits, tels que Contes indiens ou Le Tibet, mêlent analyse philologique et réflexion sur les cultures asiatiques, tandis que République et royauté révèle une dimension politique engageante. Son œuvre, riche et transversale, incarne l’intersection entre science des langues et curiosité intellectuelle.
Citations de Léon Feer
Léon Feer, République et royauté, de la nécessité d'établir le gouvernement de la France sur la base… (1871)
“ Il n'est que temps d'unir tous nos efforts dans une pensée patriotique et nationale. La République, la forme de gouvernement « qui nous divise le moins, » selon une parole heureuse inspirée par le bon sens et le patriotisme, s'offre à nous comme la plus nationale, comme la plus propre à réaliser le bien, comme celle qui embrasse le concours de toutes les facultés et de tous les dévouements; car le devoir, comme l'intérêt évident de chacun de nous, est de contribuer par tous ses efforts à la prospérité de la République française, c'est-à-dire de la chose publique des Français. ”
Léon Feer, Les Ruines de Ninive, ou Description des palais détruits des bords du Tigre… (1864)
“ C'était l'arme de la chasse: il rappelait la domination de l'homme sur les animaux et sur la force brutale. C'était l'arme de la guerre: il rappelait que le roi et le peuple dont il était chef, avaient fondé sa grandeur et ne la maintenaient que par des conquêtes. Tous ces grands empires de l'Orient ne se sont établis que par la guerre; c'est la guerre qui les a fait naître, qui les a soutenus; c'est elle aussi qui les a ruinés. Aussi s'explique-t-on aisément le nombre immense de scènes guerrières représentées sur les murs des palais de Ninive. ”
