Balthazar de Bonnecorse

Élements biographiques

Balthazar de Bonnecorse Lutrigot

Pourquoi non ? Son autheur ne songe qu’à médire,
Il remplit tous ses vers de bizarres transports,
Il blâme insolemment les vivans et les morts ;
Cet esprit toûjours vain, gâté par ses caprices,
Se fait une vertu du plus lâche des vices ;
Il s’admire, il se flate, il se croid sans defauts ;
Son livre n’a pourtant qu’un tas de brillans faux,
Il confond sans sujet, sans esprit, et sans grace
Le fiel de Juvenal avec le sel d’Horace ;
Des fautes qu’on y trouve à l’examiner bien,
On feroit un volume aussi gros que le sien.
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Balthazar de Bonnecorse Lutrigot

Rien ne couvre l’autheur d’une plus juste gloire,
Et ne releve tant l’histoire du lutrin,
Que le combat qu’on donne aux plaines de Barbin :
Jamais journée aussi ne fut plus éclatante.
Il la lit d’un air fier, et d’une voix tonnante ;
Il fait voir ses heros au combat acharnez,
Tous les coups sont toûjours ou receus, ou donnez,
Chaque livre jetté, fut-il sans couverture,
N’eût-il que six fueillets fait plus d’une blessure,
Et quand on voit brontin qu’un coup de livre abat,
Un prélat benit tout, et finit le combat.
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Balthazar de Bonnecorse Lutrigot

Soit qu’il vueille briller dans un poëme epique,
Soit qu’il fasse l’essai du pompeux dramatique,
Soit qu’un galant ouvrage ait pour lui des appas,
Quoiqu’il vueille entreprendre il ne déplaira pas.
Apollon est surpris du discours de la muse.
Dans ce siecle éclairé rarement on s’abuse
Ma chere sœur, dit-il, et ce fameux autheur
N’est pas de ce grand art le pere, et l’inventeur,
Horace, Scaliger ont dit la méme chose,
Et c’est leurs sentimens que par tout il expose.
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