Elissa Rhaïs,
Revue des Deux Mondes
“ En même temps, Messaouda passe et repasse sa langue sept fois d’une tempe à l’autre sur toute la longueur du front brûlant de la malade. — Allah, mon enfant, ne frappe pas avec deux bâtons... Il aura pitié de la jeunesse et de ta solitude... Tu grandiras, tu deviendras une femme... Un fils de gens t’épousera... Nous te ferons une belle noce et tu crèveras les yeux à tous ceux qui ne nous aiment pas... À ce mot de noce, Aïcha porte ses deux index à ses oreilles, et se met à pousser les ululements de la mort : — Bou ! Bou ! Bou ! Sur ma tête ! Messaouda l’écoute, le cœur plein d’épouvante. ”

