“ À l’Académie, comme au Sénat, il a su conserver entière l’intégrité de sa conscience politique. Il est demeuré un enfant fidèle de la démocratie, dévoué au gouvernement républicain et aux plus saines traditions de la Révolution française. L’air de ces compagnies aristocratiques, qui a gâté plus d’un esprit excellent, n’a pas troublé sa simplicité native, son sens droit, son admirable naturel, sa haute intelligence des conditions de la justice. Il ne s’est pas séparé des amis anciens et des vérités anciennes. Il les voit du même œil qu’autrefois et il les aime d’un même amour. ”
Hector Depasse
Élements biographiques
Hector Lucien Marie Depasse (1842-1911), homme politique et journaliste français, affilié au groupe radical-socialiste, a marqué la vie publique par ses engagements républicains et ses réflexions sur la démocratie. Député de la Seine de 1906 à 1911, ses textes — tels que Léon Gambetta, Spuller ou De Freycinet — examinent les enjeux du gouvernement, la nécessité d’un État éclairé et la défense des valeurs républicaines.
Ses écrits, souvent critiques des tendances autoritaires, soulignent une vision de la démocratie comme base de la souveraineté populaire, illustrée par ses citations sur la modération, la justice et l’unité nationale.
Citations de Hector Depasse
“ Sous les formes infiniment variées de l’éloquence pittoresque et parmi tous les élans les plus fougueux de la passion oratoire, cette pensée demeure permanente. C’est le fond du fond de Gambetta, la base immobile où tout s’appuie, l’idée unique où tout converge. Il faut que la démocratie se prépare au gouvernement de la France. L’empire n’a plus que des dehors, bulle vide aux couleurs irisées, qu’un souffle brisera. Lequel ? on ne sait, n’importe lequel ; ce qu’il y a de certain, c’est que l’empire ne tient plus. ”
“ Les gouvernements sont bons ou mauvais, selon qu’ils font le bien ou n’empêchent pas le mal, sous l’influence de causes qu’ils ne portent pas nécessairement en eux-mêmes. Et que parlons-nous d’ailleurs de gouvernement ? Élevons-nous et passons du concret à l’abstrait, du gouvernement à la société, à l’État, qui en est la personnification philosophique et politique. L’État ne peut périr, car ce serait la mort même de la patrie ; on ne peut pas demander le moins d’État possible, car ce serait demander le moins de société policée possible. ”
