Louis Paul-Dubois 

Élements biographiques

Louis Paul-Dubois  Revue des Deux Mondes

L’Anglais, à la différence de son frère l’Ecossais, n’est pas par nature porté à l’épargne. A ses yeux, l’économie se distingue mal de la parcimonie ou de l’avarice. Dans toutes les classes, la dépense est mieux considérée que l’épargne. Chez les riches, épargner, c’est priver le pays d’un argent qui devrait circuler, c’est un péché d’égoïsme. Chez les ouvriers, c’est en plus une faute sociale, une atteinte portée aux libertés, aux revendications de classe. Dans la vie ménagère, on ignore l’économie, le gâchage est énorme.
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Louis Paul-Dubois  Revue des Deux Mondes

Individuellement, votre situation, peut-être, semble vous permettre tel ou tel luxe : eh bien ! demandez vous si la nation vous permet de vous le permettre. Songez qu’il faut par l’épargne reconstituer pour la guerre, et pour l’après-guerre, les capitaux détruits. Songez que nos ennemis ont à se priver par force, que nous les contraignons par le blocus à se restreindre, à pâtir ne ferons-nous pas librement et par raison ce que les « Boches » font par nécessité ? Soyons vainqueurs dans la lutte d’endurance. Nous sommes en guerre : vivons pour la guerre, et pour elle seulement.
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Louis Paul-Dubois  Revue des Deux Mondes

Ce n’est pas avec du numéraire, moins encore avec du crédit, qu’une nation vit et fait la guerre, mais avec des « biens matériels, » capitaux ou produits, et des « services. » L’argent n’est là qu’un procédé de compte, la traduction financière des opérations économiques. Toutes les pièces d’or du monde et toutes les banknotes ne feront pas à elles seules un canon ni un obus de plus. Ce n’est que de la masse de ses biens et services qu’un peuple tire en paix de quoi vivre, et en guerre de quoi faire la guerre. Ils ne peuvent d’ailleurs servir tous.
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