“ Dans le boarding house où il habite, il s’exerce à débaucher sa voisine, grimpe sur ses malles pour la voir se déshabiller par-dessus le simple paravent qui sépare les chambres ici. Tandis qu’autour de lui, la science de la vie coule dans les rues populeuses, il passe ses soirées avec la patronne de l’hôtel à jouer aux jeux innocents, parce qu’on s’embrasse aux gages... ”
Boarding house
Définition et enjeux
Citations sur “boarding house”
Arnould Galopin,
Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires
“ D'ailleurs, de toute façon, je ne serais pas resté dans ce boarding-house. La propriétaire était trop aimable, et cette amabilité, que j'attribuais à ma ressemblance avec le regretté Rico, m'eût obligé à des sacrifices vraiment trop héroïques. ”
MM. Gustave Doré et Ch. Davillier, Le Tour du monde
“ La casa de pupilos n’est pas un hôtel, et le nombre des pensionnaires qu’on y reçoit est ordinairement limite à quelques-uns. C’est quelque chose comme la pension bourgeoise chez nous, ou comme le boarding-house des Anglais, avec plus de laisser-aller, plus de familiarité. Ces maisons sont ordinairement peu fréquentées par les étrangers ”
Claudius Madrolle,
Chine du Sud. Java. Japon. Presqu'île malaise…
(1916)
“ Toutes les villes un peu importantes, fréquentées par les étrangers, ont un « Hôtel » ou un « Boarding House » (maison de famille) tenu à l'européenne. Dans quelques cités, comme Pékin, T'ien-tsin, Chang-hai, Hong-kong, des constructions ont été édifiées, munies du confort moderne (ascenseur, lumière électrique, chauffage central, téléphone) . Les prix varient selon la situation de la chambre, le cours du dollar et l'importance de l'hôtel ; on comptera pour la chambre et les repas (sans le vin) de 6 à 12 dollars argent par jour (14 à 30 francs) . ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes
“ Il y a pour les fortunes modiques un grand nombre de boarding-houses, de pensions bourgeoises où se rassemblent plusieurs familles ; mais tout homme riche et « respectable » veut avoir sa maison loin du quartier sale et bruyant des affairés. L’individualisme aventureux du spéculateur américain n’a pas encore étouffé chez lui ce goût du home qui est propre à la race anglaise... ”
Charles Brainne, Baigneuses et buveurs d'eau (1860)
“ Les Anglais, qui savent très-bien concilier l'économie avec le confortable, ont déjà provoqué une notable amélioration dans la tenue de leurs appartements garnis. Les boarding-houses de Nice, pensions bourgeoises à l'instar de celles des Champs-Elysées et du quartier Beaujon, offrent une bonne nourriture et un service convenable à des prix qui ne sont pas trop élevés. ”
Louis Bonnard, Le voyage en France à travers les siècles… (1927)
“ Le House-Boat, devenu pour quelques victimes de la crise des loyers une habitation permanente, offre aux gens à goûts sédentaires et aux amateurs de pêche et de paysages de rivières une villégiature idéale, puisque susceptible de déplacement. ”
Mars, La vie de Londres, côtés riants (1894)
“ Les house-boats, ou villas flottantes, s'épanouissent le long des berges, avec leur parure diaprée de feuillage et de fleurs. On s'y regarde vivre, loin du flafla enfiévré de la ville, dans une atmosphère de paix souriante et de bienfaisant repos. ”
Oscar Comettant,
Trois ans aux États-Unis : étude des moeurs et coutumes américaines
(1857)
“ Mais si les maisons particulières se bornent générale- ment à n'offrir qu'un bal par année, on danse beaucoup et très-souvent dans tous les hôtels et dans tous les boarding laouses. Les propriétaires des hôtels et des boarding houses font eux seuls souvent tous les frais de ces soirées dansantes dans le but d'amuser leurs pensionnaires et d'augmenter leur clientèle mais d'autres fois ce sont les pensionnaires eux-mêmes qui se cotisent pour donner à frais communs un bal auquel ils invitent leurs connaissances de l'hôtel et du dehors. ”
G. Le Roy-Liberge, La Chine encore chinoise (1926)
“ Je retourne à la petite auberge tenue par l'oncle de mon guide après avoir visité un jardin de rocaille très réputé, mais c'est toujours la même chose et j'aimerais bien mieux de la verdure. Je reste à contempler toutes les jonques qui passent sous le pont et les élégants house boats qui contiennent salon, salle à manger et chambres. C'est le grand sport du pays d'aller par les canaux et les rivières se promener sur les grands lacs des environs. ”
Louis Bonnard, Le voyage en France à travers les siècles… (1927)
“ Mis en mouvement par un moteur installé dans le bateau, tiré par un canot automobile ou utilisant les services d'un remorqueur commercial, le house-boat offre à ses fidèles, amateurs de repos ou artistes contemplatifs, de lentes randonnées, au cours desquelles la vie coutumière se peut mener au milieu d'un changement de décor continuel. ”
J.-Jacques Ampère, Revue des Deux Mondes
“ En me réveillant le lendemain, je ne vois de rivage nulle part, je suis comme en pleine mer. Ce bateau à vapeur est à la lettre une maison flottante. Cette maison a plusieurs étages : au rez-de-chaussée sont entassés les émigrans qui se rendent dans l’ouest; le premier est occupé par un grand et vaste salon où se trouvent des tables, des canapés, des fauteuils, des poêles, un piano. L’usage réserve aux dames une des extrémités de ce salon. Chacun a une petite chambre qui donne sur le lac et où l’on est chez soi comme dans un hôtel. La vie est la même, les heures des repas sont les mêmes. ”
“ Le gros des invités se répandait à présent par tout le yacht, et visitait jusqu'aux cabines, avec ce fabuleux sans gêne des gens qui ne sont point marins, et n'arrivent jamais à se persuader qu'un navire est une habitation privée, dont certains logis sont intimes à l'égal d'un cabinet de toilette ou d'une chambre à coucher. ”
Adolphe Belot,
Une Maison centrale de femmes…
(1875)
“ Sans parler des immenses hôtelleries, situées clans toutes les gares de chemin de fer, Cannon strect-station, Grosvenor, Midland, Charing-Cross, etc., on rencontre dans les rues des family-hôtel, des boardings-house, des maisons garnies de toute espèce, où l'on peut se retirer et passer inaperçu. ”
Auteur : Jules Leclercq, Revue des Deux Mondes
“ Or, c’est une sensation pleine de charmes, quand on a longtemps vogué sur des eaux tranquilles, de se sentir mollement bercé par le flot de l’Océan sur une couchette de navire, enveloppé dans de chaudes couvertures, et de s’endormir dans la nuit factice créée par les rideaux du hublot de la cabine, en songeant à ceux que l’on a laissés au foyer, et en rêvant aussi à l’inconnu que l’on verra demain. ”
Louise Colet,
Deux mois d’émotions
“ Deux ou trois cents petites cabines, propres, élégantes, meublées d’un joli lit, d’une chaise et d’une étroite commode, sont autant de cellules confortables où chaque voyageur se retire le soir, et durant les heures fatales du mal de mer. Tout reluit, tout est gai, tout chante sur ces beaux navires ; il semble, en y posant le pied que l’insouciance et la bonne humeur de la vie libre s’emparent de l’esprit le plus sombre ”
Charles Du Bois-Melly, Nouvelles montagnardes, ornées de 58 dessins par G. Roux… (1884)
“ Voyageurs qui traversez nos contrées en passant d'un hôtel renommé à un autre non moins célèbre, d'un bateau à vapeur à une chaise de poste et de tables d'hôte en tables d'hôte, évitant avec soin les mauvais gîtes, les vallées peu fréquentées, les petites auberges de village et les chalets dans la montagne, combien peu je vous porte envie ! ”
Edgar Allan Poe,
Contes inédits
“ Or, ma chambre donnait, comme celle de tous les passagers non mariés, sur le salon d’honneur, tandis que les cabines de Wyatt se trouvaient dans le salon d’arrière, séparé de l’autre par une porte à coulisse qui restait libre, même la nuit. Il ventait frais, et nous étions constamment sur babord ; il arrivait naturellement que, dès que le navire inclinait de ce côté, le panneau de la porte glissait dans sa rainure et restait ouvert, personne ne se donnant la peine de se lever pour le fermer. ”
Alexandre Dumas,
Les Frères corses
(1845)
“ Quant au logement de chaque nuit, c’est bien plus simple encore : le voyageur arrive dans un village, traverse la rue principale dans toute sa longueur, choisit la maison qui lui convient et frappe à la porte. Un instant après, le maître ou la maîtresse paraît sur le seuil, invite le voyageur à descendre, lui offre la moitié de son souper, son lit tout entier s’il n’en a qu’un, et, le lendemain, en le reconduisant jusqu’à la porte, le remercie de la préférence qu’il lui a donnée. ”
Amélie Jottrand, Indo-Chine et Japon, journal de voyage… (1909)
“ Toutefois, pour nous consoler, il nous dit qu'à certains voyages on est bien plus nombreux et qu'il a déjà eu jusqu'à onze passagers de première, alors que le bateau est aménagé (si l'on peut ainsi parler) pour huit. Nous ne parlerons ni d'un fumoir, ni d'un salon, ni d'une passerelle-promenade, si ce n'est pour les regretter. A peine une salle à manger, petite, commune aux passagers et aux officiers, éclairée aux bougies, et sur laquelle ouvrent, directement, deux cabines, la salle de bains et le W. C!! ”
Jérôme Tharaud,
Dingley l’illustre écrivain
“ Sous cette toile, entre ces quatre piquets, on a tout le confort désirable. Rien ne ressemble moins à l’hôtel. Ici tout vous appartient. On emporte tout avec soi, sa maison et sa cantine : c’est l’intimité du home et la liberté du voyage. ”
Eugène Forgues, Revue des Deux Mondes
“ Je vois encore l’effet produit sur notre tranquille village du bord de l’eau par l’arrivée du bateau à vapeur. Je reconnais les maisons blanches endormies dans le soleil d’été, les rues presque vides ; sur le rivage, devant les magasins, un ou deux commis, leurs chaises appuyées contre la muraille, dorment, le chapeau sur les yeux ; une truie et ses petits flânent le long du trottoir et font d’excellentes affaires dans les tas d’écorces de melon. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Les bagages appartenaient aux passagers, et les ballots à l’équipage, car l’ourque n’était point un navire de plaisance et faisait la contrebande. Les passagers durent s’établir sur le pont ; résignation facile à ces nomades. Les habitudes du plein air rendent aisés aux vagabonds les arrangements de nuit ; la belle étoile est de leurs amies ; et le froid les aide à dormir, à mourir quelquefois. ”
Jules Verne,
Claudius Bombarnac
“ Les cabines sont déjà occupées par les passagers et les passagères qui redoutent le tangage et le roulis. Couchés dès leur arrivée à bord, ils ne se lèveront qu’au moment où le bateau accostera les quais d’Ouzoun-Ada. Faute de cabines, d’autres voyageurs se sont installés sur les divans, encombrés de petits colis, et d’où ils ne bougeront plus. Allez donc chercher un monsieur romanesque au milieu de ces endormis, menacés du mal de mer ! Quant à moi, c’est sur le pont que j’ai l’intention de passer la nuit, et je remonte par le capot. L’Américain est là, achevant de remettre sa caisse en état. ”
Mark Twain,
Un pari de milliardaires, et autres nouvelles
(1905)
“ L’intérieur d’un vieux bateau personnifiait la chose la plus laide, la plus négligée, la plus sombre et la moins confortable qu’on pût imaginer; un bâtiment moderne est au contraire une merveille de décoration, de luxe et de bon goût. On y trouve des appartements somptueux, et rien de ce que la dépense peut ajouter à toutes les commodités du confort n’a été épargné. Tandis qu’autrefois il n’existait pas d’autre lieu de réunion que la salle à manger, aujourd’hui les passagers peuvent disposer de plusieurs salons spacieux élégants. ”
Pierre de Coubertin,
L’Éducation en Angleterre
“ Quelle expérience il peut acquérir, quel pouvoir il peut exercer sur ses élèves, et surtout quel vaste champ s’ouvre devant son ardeur et son zèle ! Partout l’éducation est une chose captivante et passionnante pour ceux qui en sentent la grandeur ; mais nulle part ceux-là ne peuvent s’y adonner plus complètement que dans les boarding houses des collèges anglais. ”
Jean Balde,
Reine d’Arbieux
(1928)
“ Dans leur cabine, les passagers s’étaient couchés, pressés de dormir, comme on fait un bon repas avant le départ en prévision des fatigues prochaines et du mal de mer. Il n’y avait plus qu’un homme sur le quai désert — une forme massive, arrêtée dans l’ombre du hangar. ”
Othenin d’Haussonville, Revue des Deux Mondes
“ S’il faut coucher, les bancs des promenades publiques, les arches d’un pont, les voitures de déménagement qu’on laisse dans la rue, lui offrent un gîte dont il sait se contenter, et il aime mieux courir le risque d’une nuit passée à la belle étoile que d’affronter la vigoureuse correction d’un père ou d’un patron irrité par deux ou trois jours d’absence. ”
G. Bruno,
Le Tour de la France par deux enfants
“ Les cabines des passagers, les hamacs des matelots ; les étables, la cuisine, la salle à manger du navire.La première embarcation des hommes a été un tronc d’arbre. Que de progrès accomplis depuis ce jour ! Le simple tronc d’arbre est devenu une vraie ville flottante. Dès le lendemain, André commença à se rendre utile au patron, voulant le dédommager de la nourriture et du coucher qu’il leur donnait. Le jeune garçon descendit donc de bonne heure, vêtu de ses habits de travail, et suivit le marin au port, où l’on devait achever le chargement du bateau. ”
Ferdinand de Navenne, Revue des Deux Mondes
“ Je m’installe dans mon élégante cabine, et je range mes effets dans des armoires savamment agencées et dans les tiroirs qui s’ouvrent et se ferment sans bruit, car, à bord, il ne faut laisser aux domestiques que les soins dont on ne peut s’acquitter soi-même. ”
Victor Hugo,
En voyage, tome I
“ Il faut bien voir les cloches de ce beau clocher. Un jeune gaillard vous les montre et vous les nomme. Pourboire. Au bas du clocher, vous retrouvez le bedeau, qui vous a attendu patiemment et qui vous reconduit avec respect jusqu’au seuil de l’église. Pourboire. Vous rentrez à votre hôtel et vous vous gardez bien de demander votre chemin à quelque passant, car le pourboire saisirait cette occasion. À peine avez-vous mis le pied dans l’auberge que vous voyez venir à vous d’un air amical une figure qui vous est tout à fait inconnue. C’est l’estafier qui vous rapporte votre passe-port. Pourboire. ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ Cette sorte de chambre, assez spacieuse, était emménagée comme la cabine d’un navire ; huit lits, en forme de caisses, longs de sept pieds et larges de trois, s’y étageaient en deux rangs ; une ouverture grillagée, pratiquée dans l’impériale, donnait suffisamment de jour et de clarté ; trois chevaux, loués de ville en ville pour un ou deux jours, suffisaient à traîner cette sorte de maison roulante qui, dans l’épaisseur d’un double plancher, contenait les toiles et tréteaux nécessaires pour l’érection de notre théâtre en plein vent ”
Edmond About,
De Pontoise à Stamboul
(1884)
“ Elles sont noyées de poussière et l’on distingue à peine dans la pénombre le profil d’un Anglais qui s’étire en bâillant ou la face d’un valet de chambre à casquette galonnée d’or. Telle est du moins l’impression que j’avais conservée du vieux matériel des wagons-lits, des voyageurs et du service. Je n’y voyais guère autre chose que des hôpitaux ambulants ou des cabines de bateau à vapeur en terre ferme ; je n’éprouvais qu’une sincère compassion pour leurs passagers, et je me réjouissais d’être assez bien portant pour éviter les bienfaits d’une hospitalité si bien close. ”
Chen Jitong,
Les Chinois peints par eux-mêmes
“ Les bateaux qui font le service sont organisés pour recevoir les touristes les plus difficiles à contenter. Bon dîner, bon gîte et le reste ; et on laisse passer les heures que charment tantôt la musique du bord, tantôt le murmure mélodieux des vagues, au milieu des soupirs de la brise. Le soir on illumine sur le pont et dans les salons, et rien n’est plus poétique que ces grandes ombres qui glissent sur les flots, et les éclats de rire dans le silence de la nuit. ”
Amédée Achard,
Album de voyages
(1865)
“ Mais si vous fuyez les embûches des hôtels, il vous sera facile de dénicher en bel endroit un appartement, ou quelque chambre, où tout galant homme en voyage pourra librement abriter ses malles et déjeuner. Combien de maisons particulières, honnêtes, propres et silencieuses, portant au-dessus de la porte un écriteau avec les deux mots hospitaliers : to let! Frappez hardiment, vous serez reçu et confortablement logé. Dès le premier pas qu'on fait sur le sol anglais, une inscription placardée partout vous saisit. C'est mieux qu'un avertissement, c'est un trait de mœurs. ”
Louis Figuier,
Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes
“ Les logements et magasins sont établis dans l’entre-pont, qui est disposé de manière à satisfaire convenablement au séjour de l’équipage, à la conservation des approvisionnements du bord, au service du feu et à celui du bâtiment. ”
Alphonse Daudet,
Contes de lundi
“ Les mots sont toujours plus poétiques que les choses. Au lieu du caravansérail que je m'imaginais, je trouvai une ancienne auberge de l'île-de-France, l'auberge du grand chemin, station de rouliers, relai de poste, avec sa branche de houx, son banc de pierre à côté du portail, et tout un monde de cours, de hangars, de granges, d'écuries. ”
