Ferdinand de Navenne

Résumé

Ferdinand de Navenne Revue des Deux Mondes

C’est toujours une volupté de se promener dans l’ombre et la fraîcheur quand, à quelques pas de soi, le soleil darde des rayons de fou. Mon ambition serait de revenir à Kairouan pendant la canicule et de circuler en plein midi dans l’oasis de marbre, au milieu des palmiers au tronc lisse ou cannelé, entre les arbres de cipolin, de granit oriental, de porphyre, de brèche, d’onyx, les uns couronnés de la feuille d’acanthe ou de la volute d’Ionie, les autres du chapiteau calathiforme, produit du caprice byzantin.
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Ferdinand de Navenne Revue des Deux Mondes

C’est un lac ouvert. Des montagnes ou, si l’on veut, de hautes collines l’entourer ! Je trois côtés et le dominent sans l’écraser. Elles semblent s’incliner à son approche et meurent avant de l’atteindre. Leur courbe gracieuse s’allonge dans la direction du Sud où l’on découvre une suite de cônes qui s’étagent à l’horizon. Vers le couchant, le lac confine à la Val di Chiana, plaine immense, jadis marécageuse, fertile en fièvres, habitée par une population chétive et fataliste que Dante a chantée, région assainie maintenant, riche, prospère, heureuse.
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Des blasons en achèvent la décoration. La licorne, emblème de la maison Farnèse, a fourni le sujet d’une composition dans un compartiment rectangulaire, au-dessus de la porte d’entrée. Au milieu d’un paysage d’une grande simplicité, une jeune fille est assise, tenant dans ses bras le redoutable animal que seule l’innocence parvient à désarmer. Toute cette décoration est d’une noble magnificence. Les statues des héros et des dieux de l’Olympe, alignées sur la cymaise, forment comme la préface des compositions de la voûte, dédiées aux légendes fabuleuses de l’antique mythologie.
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