Louise Colet,
Deux mois d’émotions
“ Tout ce qu’on m’en avait dit m’épouvantait presque, car lorsque l’âme est livrée à certaines sensations tristes et délicates, tout contact qui pourrait la blesser lui fait peur. Je fus prête à revenir sur mes pas. L’image de ces lieux était à jamais gravée dans mon âme ; qu’avais-je besoin de les visiter, qu’avais-je besoin de les revoir insultés par la présence d’un être vénal, hostile à tous les nobles instincts de l’esprit et du cœur ? Je vous ai parlé souvent, madame, d’une bonne femme du village de Mouriès, nommée Reine Picard, qui avait été, dans mon enfance, domestique chez ma mère. ”
