Othenin d’Haussonville

Résumé

Othenin d’Haussonville Revue des Deux Mondes

Si Dieu a pris cette âme qui était le plus pur de nous-mêmes c’est qu’il la voulait heureuse, disent les chrétiens. Disons mieux, Dieu n’a pas pris cette âme, c’est notre science humaine qui n’a pas su la retenir, mais Dieu l’a reçue. Elle est aussi bien sauvée et vivante dans son sein, cette petite parcelle de sa divinité, que l’âme plus complexe d’un monde qui se brise. Elle n’y est pas perdue et diffuse dans le grand tout ; elle a revêtu les insignes de la vie, d’une vie supérieure immanquablement, elle respire, elle agit, elle aime, elle se souvient.
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Othenin d’Haussonville Revue des Deux Mondes

Si mon cœur, plein de tes perfections, n’a jamais balancé un instant entre l’univers et toi ; si, dans ces momens où l’homme abusé croit jouir, je fus toujours disposée à quitter la vie sans regret, fais que l’inconstance ou le mépris des hommes ne soient pour moi qu’une source de comparaisons qui m’élèvent vers le ciel. N’arrache pas de mon cœur un sentiment trop cher, mais diminue, si tu le juges à propos, le trouble qu’il y fait naître. Permets-moi d’épancher mon âme tout entière et, si je m’abuse dans mes soupçons, ou rassure mon cœur étonné, ou retire-moi d’un séjour où tout est illusion.
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Othenin d’Haussonville Revue des Deux Mondes

On ne nous avait certainement pas assez vanté la beauté du ciel et les délices des nuits de Venise. La lagune est si calme dans les beaux soirs que les étoiles n’y tremblent pas. Quand on est au milieu, elle est si bleue, si unie, que l’œil ne saisit plus la ligne de l’horizon, et que l’eau et le ciel ne font plus qu’un voile d’azur où la rêverie se perd et s’endort. L’air est si transparent et si pur que l’on découvre au ciel mille fois plus d’étoiles qu’on n’en peut apercevoir dans notre France septentrionale.
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