Résumé

Haussonville Revue des Deux Mondes

Appelez-vous donc vie un amour qui passe, et le sacrifice de vous-même à la créature ? Revenez, revenez, la vie n’est pas là. Ouvrez les yeux sur le néant de ce qui vous séduit. Ainsi donc, à vous entendre, l’obéissance au devoir, l’exercice de la vertu, les consolations de la foi, l’amour infini de Dieu, l’éternité et ses espérances, ses joies, sa félicité, tout cela, c’est la mort ! Non, vous ne l’avez jamais pensé ; c’est votre bouche seule qui a prononcé ces paroles que votre cœur désavoue.
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Haussonville Revue des Deux Mondes

J’approuve extrêmement les belles passions, elles marquent la grandeur de l’âme, et, quoique dans les inquiétudes qu’elles donnent il y ait quelque chose de contraire à la sévère sagesse, elles s’accommodent si bien d’ailleurs avec la plus austère vertu que je crois qu’on ne les saurait condamner avec justice. Moi qui connais tout ce qu’il y a de délicat et de fort dans les grands sentimens de l’amour, si jamais je viens à aimer, ce sera assurément de cette sorte ; mais de la façon dont je suis, je ne crois pas que cette connaissance que j’ai me passe jamais de l’esprit au cœur.
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Haussonville Revue des Deux Mondes

SAPHO. — J’entends qu’on m’aime ardemment, qu’on n’aime que moi et qu’on m’aime avec respect. Je veux même que cet amour soit un amour tendre et sensible qui se fasse de grands plaisirs de fort petites choses, qui ait la solidité de l’amitié, et qui soit fondé sur l’estime et sur l’inclination. Je veux, de plus, que cet amant soit fidèle et sincère ; je veux encore qu’il n’ait ni confident, ni confidente de sa passion et qu’il renferme si bien dans son cœur tous les sentimens de son amour, que je puisse me vanter d’être seule à le savoir.
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