“ La route du retour ne fut guère moins pénible pour moi qu’elle ne l’avait été pour mon prédécesseur ; les longues marches sous un soleil brûlant ou sous des torrents d’eau, avec la fièvre dans les veines, les traversées de rivières grossies par les pluies et de déserts sans abri et sans nourriture, les attaques de brigands armés et les horreurs de la famine subies pendant de longs jours, toutes les misères enfin qu’essuya M. Mollien entre le Rio-Grande et Géba, m’attendaient sur les bords de la Gambie, dans les marches sauvages qui séparent le Fouta-Djalon du Bondou. ”
M. Lambert
Élements biographiques
M. Lambert, botaniste et auteur de voyages, distingue son œuvre par une immersion profonde dans les réalités des territoires africains, notamment à travers Le Tour du monde, ouvrage où l’exploration physique et intellectuelle s’entrelacent. Son récit, à la fois chronique des épreuves subies et témoignage des sociétés locales, met en évidence les contrastes entre les paysages hostiles et les échanges humains riches, comme ceux avec l’almamy Oumar.
L’analyse des textes révèle une attention portée aux dynamiques culturelles, à la résilience humaine et à la complexité des environnements naturels, illustrée par des descriptions détaillées des régions traversées, des difficultés de l’errance et des liens noués avec les populations rencontrées.
Citations de M. Lambert
“ Aussi j’arrivai harassé, le deuxième jour, au village de Guémé, où, malgré mon vif désir de pénétrer le plus tôt possible au cœur du Fouta-Djalon, je fus forcé de séjourner : d’abord par une indisposition assez grave, premier tribut payé à mon nouveau genre de vie, puis par suite de l’arrivée d’Abdoulaye et de ses lenteurs habituelles. Guémé, peuplé de deux à trois cents âmes, est agréablement situé sur un mamelon adossé à une magnifique forêt et dont la base est arrosée de nombreux ruisseaux. Tout est propre et bien tenu dans ce village, les rues comme les cases. ”
“ À la première vue je fus frappé des dissemblances qui existent entre les deux almamys du Fouta-Djalon. Les traits d’Oumar expriment à la fois la douceur, l’énergie et la dignité. Le souverain pouvoir semble chez lui chose naturelle ; son rival s’étudie à le porter avec affectation. Âgé de quarante à quarante-deux ans, Oumar tend comme Sori à l’obésité, et chose étrange, ils sont peut-être les seuls, dans tout le pays soumis à leur autorité, qui soient menacés de cette infirmité. ”
