Marcel Bouteron

Élements biographiques

Marcel Bouteron,  Revue des Deux Mondes

“ Si l’ange, si moi, n’étions là, pas une main ne serrerait la vôtre, pas un cœur ne s’ouvrirait pour vous abriter ; vous serez trop haut placé un jour. Il faut, Honoré, accepter sa position telle qu’on se l’est faite. L’obscurité n’est plus possible. Portez donc avec calme la couronne d’épines de la gloire, nous vous essuierons le front de temps en temps. Ne me souhaitez rien que la force d’élever mon fils ; moi, j’ai vécu. Je suis appelée à accomplir une grande œuvre : j’ai un homme à faire ! Si à vingt ans, Ivan est une conscience comme je la conçois, je vieillirai doucement. ”
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Marcel Bouteron,  Revue des Deux Mondes

“ Notre conscience ne nous reproche rien, et nous pouvons regarder en arrière sans rougir; quant à l’avenir, il est entre les mains du hasard. Mais ce à quoi nous devons prendre garde, Laure, c’est aux apparences, qui, jusqu’ici, je dois le dire, nous condamnent entièrement et réfléchis que, vertueux, c’est un grand malheur que d’être signalés comme des criminels; bien que notre propre cœur nous console, on n’en reste pas moins accablé; et criminels, c’est un devoir, même une sorte de vertu, de taire la faute aux yeux du monde. ”
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Marcel Bouteron,  Revue des Deux Mondes

“ Cher, vous mettez trop d’esprit parfois, et vous savez bien, vous, analyste du cœur, que l’intelligence est une ; que, si elle se manifeste dans la passion, il ne reste plus rien pour ce qu’on appelle esprit. Les vies calmes permettent seules d’appliquer l’intelligence à toutes choses. Vous qui peignez la passion, mais qui ne l’éprouvez pas, il faut, bien cher, vous défier de votre exubérance d’esprit ; c’est par là que vous péchez, ce qui ne m’empêche pas de vous bien aimer, et sachez m’en gré, car je n’aime pas l’esprit, l’esprit tout pur ; c’est ce qui me fait détester Gaudissart [12] . ”
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