Résumé

A. Iswolsky Revue des Deux Mondes

Le souverain allemand nourrissait depuis longtemps le projet d’isoler l’Angleterre et de regrouper les Puissances européennes de façon à former une ligue continentale anti-anglaise ; un pareil regroupement avait été réalisé en 1895, lorsque la Russie, la France et l’Allemagne se réunirent pour présenter au Japon un ultimatum à la suite du traité de Simonoseki ; l’empereur Guillaume fut l’âme de cette combinaison hybride à laquelle la France ne se joignit qu’à contre-cœur, la Russie, d’une manière plus ou moins inconsciente, et dont l’Angleterre se tint prudemment à l’écart.
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A. Iswolsky Revue des Deux Mondes

Douze ans plus tard, Nicolas II, guidé par le parti réactionnaire, périt pour avoir voulu combattre des forces qui ne pouvaient plus être maîtrisées. La vraie cause de la chute de la monarchie russe fut la folie que commit ce parti en essayant de faire revivre et de perpétuer, en plein XXe siècle, et au mépris des besoins d’un Etat moderne, l’anachronisme représenté par le pouvoir autocratique, — « le plus dangereux de tous les pouvoirs, écrivait prophétiquement mon aïeul à l’empereur Alexandre Ier, car il fait dépendre le sort de milliers d’hommes de la grandeur d’esprit et d’âme d’un seul. »
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A. Iswolsky Revue des Deux Mondes

L’impératrice Alexandra eut, à ce point de vue, exactement le même sort que l’infortunée Marie-Antoinette, chargée par la vindicte publique de toutes les fautes d’un régime devenu odieux à la nation. Pas plus que Marie-Antoinette n’avait mérité d’être appelée « l’Autrichienne, » l’impératrice Alexandra ne mérita d’être dénoncée à la haine populaire comme « l’Allemande. » Sur ce point précis, je ne crains pas d’être absolument affirmatif : jamais l’épouse de Nicolas II n’eut l’ombre de tendance à trahir les intérêts de la Russie.
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