Résumé

Portrait de Albert Cim Albert Cim Jeunesse : moeurs de province (1880)

Lucien, pâle, défait, l'œil terne et à demi-voilé, les bras inertes, semblait ne pas avoir conscience de ce qui l'entourait.
Mademoiselle Denise aperçut à terre l'énigmatique et fatale missive. Elle la ramassa et se mit à la relire attentivement, scrutant chaque phrase, chaque mot, tâchant de comprendre ; — ce qui ne tarda guère.
« Oui. Mademoiselle Burguet! Il a osé !. Ça ne peut être que ça !. Oh! c'est abominable! »
s'écria-t-elle, en levant les mains au ciel, indignée, épouvantée.
Puis elle ajouta d'un ton plus calme et résigné : « Voilà ! c'est le bon Dieu qui le punit ! »
Source : Gallica

Portrait de Albert Cim Albert Cim Jeunesse : moeurs de province (1880)

Lucien baissa la tête en signe d'acquiescement..
Mais avant d'obéir : « Ainsi, c'est toi, n'est-ce pas ? demanda-t-il à sa tante ; c'est toi qui as prévenu monsieur Burguet ?
- Oui, certes !
- Ah! ! tu ne te doutes pas de ce que tu as fait !
- Comment, je ne me doute pas!. Mais je n'avais pas à balancer ! C'était mon devoir !
— Toute ma vie s'était concentrée dans cet amour ! C'était tout pour moi ! tout ! Ah ! non, tu n'as pas idée. Si tu savais combien je l'aime !. Ah! tu m'as brisé le cœur! » achevat-il en fondant en larmes.
Source : Gallica

Portrait de Albert Cim Albert Cim Jeunesse : moeurs de province (1880)

Il faut le tenir à distance, autrement il est maître de vous ; et si vous aimez toujours Lucien.
— Si je l'aime ! Oh ! monsieur Pierre ! vous en doutez ?
— Non, mademoiselle, je ne doute pas de vous.
D'autant plus, ajouta-t-il, — argument décisif, brutal comme un coup de massue, qu'il avait réservé pour la fin, — d'autant plus que le but que se propose monsieur Landry diffère essentiellement de celui de Lucien, je dois vous en avertir : si l'un est loyal et légitime, l'autre n'est pas avouable. Il y a entre eux l'abîme qui sépare l'honnête homme du suborneur.
Source : Gallica

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