Albert Robida

Albert Robida

Résumé

Portrait de Albert Robida Albert Robida La tour enchantée (1880)

Me voilà passé maître alchimiste, Satanas est à moi, il m'appartient ! A moi la richesse, à moi les brocs toujours pleins, la bière toujours fraîche, à moi les parties de quilles, à moi le monde ! ! !
Nicolas Badermann arpentait triomphalement le laboratoire de l'alchimiste et la plate-forme, bâtissant déjà des plans pour l'avenir.
— Je m'établis immédiatement maître alchimiste, j'achète un logis agréable, plus gai que cette vieille tour et dans le voisinage des brasseries, je m'installe et je prends un élève pour faire le travail du laboratoire et pour surveiller les constellations...
Source : Gallica

Portrait de Albert Robida Albert Robida La tour enchantée (1880)

Du tout ! nous allons descendre tous dans le laboratoire ; à quatre, nous viendrons peut-être plus facilement à bout de l'affaire...
Dans le laboratoire, la situation était restée la même. Satanas versait toujours, et Nicolas Badermann, l'élève alchimiste, se tenait, comme la veille, sur le dossier de son fauteuil, les yeux hagards et les cheveux dressés sur la tête !
Tout en versant les seaux d'eau, Satanas se tordait de rire à la pensée de l'ennui qu'il devait causer aux habitants de la ville. A la vue des survenants, il parut surpris et fit une vilaine grimace.
Source : Gallica

Portrait de Albert Robida Albert Robida La tour enchantée (1880)

Badermann vit leur radeau, emporté par le courant, disparaître dans les cataractes de l'escalier.
C'était lamentable ! En levant les yeux, l'élève de l'alchimiste vit les crocodiles accrochés au plafond qui s'agitaient, bien qu'empaillés depuis deux cents ans, et qui remuaient doucement les pattes en battant voluptueusement de la paupière comme s'ils nageaient déjà dans l'élément liquide. Sur les tablettes, des poissons empaillés poussaient des cris inarticulés, et les serpents sifflaient dans les bocaux d'esprit-de-vin.
Source : Gallica

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