Résumé

Alexandre Ular L’Âme chinoise, Essai d’ethnopsychologie

Par civilisation je n’entends pas ici, comme on le fait volontiers en France, un système social où l’individu tendrait à ne plus du tout compter par sa valeur biologique, — mais un système social où l’individu tendrait à compter par le produit de ses valeurs biologique, psychologique et économique. Si la civilisation européenne, en écartant la valeur biologique, tend de plus en plus à supprimer la loi de survie du plus apte, c’est, au fond, un signe non équivoque, non seulement de la décadence dynamique, mais du marasme de cette civilisation.
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Alexandre Ular L’Âme chinoise, Essai d’ethnopsychologie

En Chine, et pour les Chinois, la configuration de l’État a toujours été chose secondaire. En principe, les États chinois, puis le grand Empire chinois, n’ont été qu’une colossale extension de la famille, c’est-à-dire une organisation essentiellement sociale. Dès que l’État a dû se transformer pratiquement en quelque chose d’autre qu’une vaste famille, il n’a plus été compris par la nation ; elle l’a supporté avec indifférence, sans jamais s’y intéresser. Ainsi, la gestion politique de la Chine n’a rien de commun avec la vie de la nation chinoise.
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Alexandre Ular L’Âme chinoise, Essai d’ethnopsychologie

L’histoire politique ne peut renseigner que sur le mouvement collectif, sur l’élément dynamique de l’ « ethnopsyché ». Mais, jusqu’à présent, cette histoire a été pour une grande partie l’œuvre d’individus dont l’âme différait trop de celle de leur nation pour en être la quintessence. Personne ne fut moins français que Napoléon, moins bouriate que Djinghiz-Khan, moins russe que Catherine, moins espagnol que Charles-Quint, moins hindou que Baber, moins chinois que Khanghi. L’histoire politique des peuples date presque de nos jours.
L’art, de son côté, crée plus d’énigmes qu’il n’en résout.
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