Théophile de Ferrière Le Vayer

Résumé

Théophile de Ferrière Le Vayer Revue des Deux Mondes

La cuisine chinoise, je parle de celle des grands seigneurs, dénote vraiment une civilisation très raffinée. Elle a, comme en Russie, les excitans préliminaires, les sauces comme en Angleterre, les ragoûts comme en France, et, comme dans les festins de Néron et d’Héliogabale, le luxe de ne manger dans tout un animal que certain morceau infiniment petit de sa substance, — de tuer par exemple un énorme esturgeon pour n’en prendre qu’un mince cartilage, ou bien un requin géant pour enlever quelques filamens à l’extrémité de l’aileron qui surmonte son épine dorsale.
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Théophile de Ferrière Le Vayer Revue des Deux Mondes

Tout fonctionnaire en Chine est lettré, tout lettré est poète. On propose dans les examens des difficultés de versification, des tours de force de rime ou de rhythme, et il y a une comédie chinoise dans laquelle un candidat, après avoir, entre autres exercices, très bien tourné un quatrain, est nommé d’emblée premier ministre. Le moyen après cela de refuser Houang sans enlever à la France cette réputation de nation lettrée qui nous place si haut, grâce à nos jésuites, dans l’esprit des Chinois, et qui m’attirait sans doute cette proposition trop honorable!
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Quoiqu’on semble chez nous regarder la Chine comme une contrée fantastique et en dehors de la sphère de nos spéculations positives, cette mission n’était pas sans importance ; elle touchait à bien des points à la fois : notre dignité comme puissance maritime, le progrès de notre commerce, et ce rôle, auquel la France n’a jamais failli en Orient, de soutenir et de protéger le développement de la civilisation chrétienne. Sous tous ces rapports, elle ne pouvait être remise en de meilleures mains ; M. de Lagrené s’en acquitta avec zèle, avec intelligence et avec succès.
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