Résumé

Alexandre Ular Notes sur la littérature en Chine

Chez nous, la littérature n’est qu’un élargissement de la sphère auditive, un élargissement de la personnalité, un véhicule de la vie, un plaisir, une orgie, une locomotive qui entraîne nos idées. En Chine, c’est à peu près le contraire. Parler, c’est une chose ; écouter, c’est déjà parfois une chose très différente (à cause des intonations qui varient de province à province, et dont on ne se délivre jamais complètement en apprenant le kouan-hoa ; et une intonation inexacte ou seulement inusitée change le sens, non seulement le son)
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Alexandre Ular Notes sur la littérature en Chine

Même si l’on fait abstraction des divers peuples qui ne participent de l’Empire du Milieu que par hasard et comme États tributaires, tels que les Thibétains, Mongols et Mandchoux, on ne trouvera, dans la Chine proprement dite, unité ni géographique, ni anthropologique, ni même linguistique. Ce qui est commun aux peuplades flegmatiques du Nord, aux tribus vivaces du Sud, aux lourdes masses qui peuplent les plaines de l’Est et aux montagnards alertes de l’Ouest, c’est uniquement une certaine disposition psychique qui est la base et l’essence même de ce qu’on appelle la civilisation chinoise.
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Alexandre Ular Notes sur la littérature en Chine

L’enfant n’apprend pas de mots, n’apprend pas de liberté dans l’usage des mots, n’apprend pas ce que c’est qu’une phrase, ne peut même se rendre compte que dans une phrase il y a des éléments à l’aide desquels on pourrait composer d’autres locutions : il n’apprend que des locutions, des phrases entières, invariables, avec toujours la même intonation, de véritables « mots-phrases » qu’il emploie comme éléments primitifs de sa langue.
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