écriture chinoise

Définition et enjeux

Portrait de Jean-Jacques Ampère Jean-Jacques Ampère Revue des Deux Mondes

On sait généralement que les Chinois n’ont pas d’alphabet. Cette circonstance, qui n’est pas particulière à leur écriture, a fait naître dans certains esprits les plus étranges imaginations. On a pensé qu’une langue qui ne pouvait s’épeler devait être bien barbare ; de là le préjugé de l’incroyable difficulté de l’écriture chinoise. On rencontre encore quelques personnes qui vous disent comme un fait reconnu, que les Chinois passent leur vie à apprendre à lire et ne savent écrire que sur leurs vieux jours, tout juste à temps pour faire leur testament.
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Portrait de Évariste Huc Évariste Huc L’Empire chinois

L’écriture chinoise, au premier aspect, est désagréable et choque la vue par son étrangeté ; mais, quand on y est accoutumé, on la trouve réellement belle et même gracieuse ; tous ces traits, vigoureusement dessinés à coups de pinceau, peuvent acquérir un degré incomparable de moelleux et de délicatesse ; une écriture digne de fixer l’attention doit être à la fois gracieuse et hardie ; à l’aide de leurs doigts maigres et effilés, les Chinois savent manier le pinceau avec une légèreté et une précision surprenantes.
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Portrait de Juste Olivier Juste Olivier Oeuvres d'Adolphe Lèbre (1856)

L'écriture est toute différente : elle est aussi embarrassée de sa richesse que la langue l'est de sa pénurie. Elle ne compte pas moins de 80 000 caractères : c'est cent fois plus que les hiéroglyphes. L'écriture chinoise exprime les idées et non pas les sons, les choses et non pas les mots. On a su ramener cette multitude effrayante de caractères à 214 signes élémentaires qui donnent la clef des autres. Cette écriture témoigne également du matérialisme de l'esprit chinois. Les signes les plus anciens ne sont que les images des objets visibles qui entourent l'homme.
Source : Gallica

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