“ Ce voleur est patenté, garanti par ses confrères ; il prend sa commission sur tous les payements ; il a son tant pour cent sur ce qui entre et ce qui sort, sur les affaires manquées comme sur celles qui réussissent, sur les gages des employés comme sur les approvisionnements de la maison ; il suce l’argent par tous les pores ; c’est la pieuvre du commerce. Il exploite les goûts, les défauts, les vices de ses maîtres, comme il exploite leur insouciance, leur ignorance et leur paresse. Les Japonais le saluent jusqu’à terre et le maudissent ; les Européens l’insultent et le couvrent d’or. ”
Edmond Villetard
Élements biographiques
Edmond Villetard (1828-1889), homme de lettres et directeur des Journaux officiels, incarne une carrière oscillant entre la culture et la fonction publique. Son œuvre, marquée par une analyse approfondie des enjeux politiques et sociaux, se distingue par des textes comme Le Japon et Histoire de l’Internationale, où il révèle les paradoxes de la modernité et les dynamiques révolutionnaires.
À travers des récits critiques et des enquêtes documentées, il examine la violence sociale, la démagogie et les tensions idéologiques, affirmant un engagement intellectuel indéniable.
Citations de Edmond Villetard
Edmond Villetard,
L'insurrection du 18 mars : extraits des dispositions recueillies par la commission d'enquête…
(1872)
“ Le plus frappant de tous, c'est sa Jurée. Jusqu'ici, tous les mouvements révolutionnaires qui avaient éclaté à Paris avaient été définitivement vainqueurs ou décidément vaincus en trois jours au plus. Jamais nous n'avions vu, depuis 1789, la démagogie lutter avec un tel acharnement et prolonger la bataille, lorsqu'au bout de quelques jours la victoire ne s'était pas déclarée en sa faveur; jamais non plus nous n'avions vu le gouvernement régulier, une fois chassé de Paris, essayer de résister hors de l'enceinte de la ville, et reprendre les murailles qu'il avait été contraint d'abandonner. ”
“ Un jour un enfant, ignorant ou méprisant cette interdiction, s’amuse à viser un canard avec une pierre, et il est assez malheureusement adroit pour le tuer du coup. Grand scandale ! on arrête le pauvre petit criminel et on le traîne devant un juge. Celui-ci prend sa mine la plus rébarbative, et rappelle que la loi punit de mort le meurtre d’un de ces volatiles sacrés. «Si donc, ajouta-t-il, l’oiseau est bien réellement mort, l’enfant mourra ; mais il faut d’abord voir s’il n’y aurait pas moyen de guérir le canard. » ”
