Charles Augustin Sainte-Beuve

Charles Augustin Sainte-Beuve

Résumé

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Le clou d'or ; La pendule

Oh ! qu’au moins, si on immole sa nature et sa joie et tout, parce qu’on aime quelqu’un plus qu’on ne devrait le faire, qu’au moins, sous prétexte d’humanité et de se déclarer modeste et indigne, on ne soit pas rangé dans toutes ces fades limbes d’une amitié aussi pâle que la plus pâle des lueurs d’automne. Voyez-vous, chère, trop chère madame, je m’échapperai à moi-même, si cela dure ; je ne sais pourquoi je vous dis ces choses, moi qui ne voudrais, avant tout, pas du tout vous affliger. Mais cette façon de douceur inaltérable et d’humilité de cœur m’est insupportable par instants.
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Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Le clou d'or ; La pendule

C’est le cas ou jamais de voir clair en moi, en mes sentiments, et la voix du dedans, en ces heures de silence et de triste sérénité des cieux, ne saurait se méconnaître.
Le fond de mon cœur est une désolation morne et sans recours. J’aime, ou plutôt (comme mon cœur ne vit plus) j’ai aimé quelqu’un ; mais il n’y a en ce sentiment aucun espoir d’avenir pour moi, aucun rayon de bonheur. Les moments où ce bonheur aurait pu naître et charmer d’un long parfum l’avenir sont passés. Je n’ai plus de printemps : ce qu’ils me font éprouver de douloureux est impossible à dire.
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Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Le clou d'or ; La pendule (1881)

Cela fait d'énormes fleurs de jardin, charme des veux, de très belles fleurs à regarder du salon. - Toujours le salon !
Il n'y a de vrai à un certain moment, de raisonnable et de sûr dans les passions franches et naturelles que de se lier une bonne fois, que d'enchaîner l'avenir et de l'embellir à jamais par un éternel souvenir. La vieillesse est douce ensuite, la fatigue, la diminution des forces et de la vie, tout cela devient un charme de rêverie en souvenir de ce qu'on a goûté, de ce qu'on a été l'un pour l'autre, et
de ce qu'un regard apaisé se dit dans une larme.
Source : Gallica

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