Prévost-Paradol

Résumé

Prévost-Paradol Madame de Marçay

Ne puis-je donc pas trouver ailleurs dans le monde autant de beauté, de grâce, de douceur, d’amitié même, et par-dessus tout cela un peu d’amour? Mais c’est moi qui ne puis aimer ailleurs! Je suis comme aveuglé pour tout le reste et je ne vois plus qu’elle au monde, sans doute parce qu’il est écrit qu’elle ne m’aimera jamais. Ce mot de jamais vous fait sourire? Hélas! que de fois j’en ai souri moi-même ! Que de fois je l’ai crue près de s’émouvoir! Que de fois j’ai interprété dans le sens de mes vœux son geste, son regard, sa parole !
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Prévost-Paradol Madame de Marçay

Soit que Mme de Marçay se sentît émue d’une passion si opiniâtre et si profonde, soit qu’elle fût prise pour lui de pitié en songeant à l’avenir, elle l’accueillit cette fois avec une véritable tendresse. Je puis vous parler avec une entière franchise de ces derniers jours de leur intimité, puisque tous deux ne sont plus, et que l’histoire vraie de cette passion vous intéresse. Mme de Marçay n’avait jamais été avec lui si enjouée, si affectueuse, si confiante; elle le raillait et le flattait tour à tour. — Je vous déteste, — lui disait-elle en riant, et elle s’appuyait sur lui avec langueur.
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Prévost-Paradol Madame de Marçay

Que vous dirai-je des lettres de Mme de Marçay? Vous n’imaginerez pas, avant de les avoir lues, qu’on puisse être à la fois si inflexible et si tendre, donner et retenir, fuir et se rapprocher, consoler sans guérir, refuser toute espérance sans tuer tout amour, inspirer à la fois et d’une manière si délicate tant d’admiration, de tendresse, de crainte et de désir. Et dans tout cela pas un mot à effacer, pas un mot à reprendre, rien qui ne soit irréprochable aux yeux même du monde. Ah ! sublime et cruel instinct de la nature, l’art ne vous égalera jamais !
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