Charles Nodier

Charles Nodier

Résumé

Portrait de Charles Nodier Charles Nodier Thérèse Aubert (1819)

Cette fois, Henriette sourit amèrement.
— Je le crois bien, si tu n’as pas aimé !
— Peux-tu le demander ? n’aimé-je pas ceux qui m’aiment ? n’aimé-je pas mon père ? ma pauvre mère, ô mon Dieu ! ne l’aimais-je pas ? et mon autre mère, suis-je quelque part plus heureuse qu’auprès d’elle ? mais toi, ingrate, je ne t’aime pas, n’est-il pas vrai ? voilà comme tu me juges !... Antoinette ne me traiterait pas si cruellement. Elle sait bien que je l’aime.
— Voilà tout, dit froidement Henriette.
— Voilà tout, continua Thérèse avec un peu d’étonnement. Oh !
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Portrait de Charles Nodier Charles Nodier Thérèse Aubert (1819)

Je reviendrai alors près de toi, dévoué à ton bonheur comme aujourd’hui, et je te prouverai, en mourant à tes pieds du plaisir de t’entendre dire encore une fois que tu m’aimes, que vous vous étiez cruellement trompée sur mon cœur !
Pendant ce temps-là, je baignais ses mains dans mes larmes. Elle ne me repoussait plus.
— Je le veux bien, dit-elle. J’y croirai tant que tu le voudras. Si c’est une illusion, elle vaut la vie tout entière. Je serais bien folle de la repousser. Oui, je crois que tu m’aimes, Adolphe, que tu m’aimes telle que je suis et que tu m’aimeras toujours.
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Portrait de Charles Nodier Charles Nodier Thérèse Aubert (1819)

Ne me laisse point dans cette incertitude ; elle est plus pénible qu’un chagrin réel.
— Thérèse, tu ne sais pas que tout mon bonheur dépend d’un seul mot ! Je puis tout perdre ou tout gagner, car ma vie entière est dans ton amour que tu vas peut-être m’enlever ; cependant, ce mot qui décide irrévocablement de mon sort... et du tien, il est de mon devoir de le dire ; et si je meurs de ta colère ou de ton indifférence, je mourrai du moins digne de ton estime.
— Achève.
— Je ne suis pas Antoinette, je suis Adolphe.
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