Résumé

Christopher Marlowe Les contemporains de Shakespeare

Barabas Alors, vous voulez me voler tous mes biens ? Le vol est-il la base de votre religion ?
Ferneze Non, Juif. En mettant la main sur ta fortune particulière, nous sauvons de la ruine toute une multitude. Or, mieux vaut qu’un homme se dévoue pour l’intérêt commun que de voir tout un peuple périr au profit d’un seul. Barabas, nous ne voulons pas te bannir. Tu pourras demeurer à Malte où tu as acquis ta fortune et où, à l’occasion, tu en réaliseras une autre.
Barabas Chrétiens, comment m’enrichirai-je à présent ? Avec rien on ne fait rien.
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Christopher Marlowe Les contemporains de Shakespeare

Ferneze Non, misérable !
Barabas Vous non plus, mécréants ? Alors, Barabas, souffle ta dernière haine et, malgré l’atrocité de tes tourments, demeure ferme avant de mourir. Gouverneur, c’est moi qui ai tué ton fils, après avoir imaginé le défi qui les a fait en venir aux mains. Calymath, j’avais conspiré ta perte et imaginé ce stratagème pour jeter la confusion parmi vous tous, chrétiens damnés et Turcs infidèles ! Maintenant je souffre des maux intolérables ! Meurs, vie ! Envole-toi, mon âme ! Langue, maudis autant que tu peux maudire ! Je meurs !
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Christopher Marlowe Les contemporains de Shakespeare

Ferneze Ceci, Barabas. Maintenant que te voilà au pouvoir, Malte en souffrira, car de toi l’on n’attend que de cruels traitements. Je brave la mort et ne te flatterai point.
Barabas Calme-toi. Ta vie m’importe peu. Donc tu vivras. Quant à ruiner Malte, n’estimes-tu pas qu’il serait impolitique de la part de Barabas de se déposséder d’une telle place ? Tu en convenais toi-même. Dans cette île, dans cette Malte, j’ai acquis mes biens, j’ai prospéré ! Maintenant que me voilà votre gouverneur, vous pouvez constater que je ne l’oublie pas !
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