Résumé

Ch. Cottu Revue des Deux Mondes

A Rhodes, comme les juifs après la servitude, les moines prirent la truelle d’une main et le glaive de l’autre ; mais le jour du repos où un temple serait élevé au Seigneur ne vint jamais pour les hospitaliers. Toujours il fallut courir aux murailles ; aussi ne purent-ils élever qu’un édifice à peu près semblable de forme et d’architecture à leurs propres demeures. Rien ne le distingue à l’extérieur qu’une large et haute façade percée d’une vaste fenêtre où s’engouffre le vent dans les nuits d’hiver. L’intérieur est vide. L’église parait abandonnée, même par les Turcs.
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Ch. Cottu Revue des Deux Mondes

Buvez le vin des chrétiens qui rend le cœur joyeux et fait aimer les œuvres d’Allah. Il repoussa doucement mon bras et répondit : — Je dois jeûner jusqu’au soir, et le prophète a défendu le vin aux croyans. — Puisque Dieu a mis la vigne sur la terre, n’est-ce pas pour que l’homme en goûte le jus ? — Dieu, reprit le Turc avec calme, a placé la grappe dans les pays d’Europe, et il n’a pas défendu le vin aux chrétiens ; mais en Orient, au lieu de la vigne, Allah fait mûrir les oranges, les citrons et les pastèques, qui sont de petites sources de fraîcheur sous notre soleil de feu
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Ch. Cottu Revue des Deux Mondes

Après la conquête, les Turcs, soutenus encore par l’esprit fanatique et guerrier qui fit long-temps leur force, utilisèrent les belles forêts de chênes et de pins qui couvraient les montagnes de l’île. Des galères construites à Rhodes allèrent grossir les flottes musulmanes, ou sortirent en course contre les chrétiens. La population grecque elle-même profita d’abord des ressources immenses qu’offrait l’exploitation de ce prodigieux empire, alors dans toute sa splendeur.
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