Résumé

George Perrot L’Ile de Crète, Souvenirs de voyages…

Dans leur attitude à l’égard des Turcs, leurs maîtres, il n’y a rien de cette crainte instinctive qui perce presque toujours dans les paroles, dans les gestes, dans toute la physionomie du raïa lorsqu’il approche d’un musulman. On sent, à les voir et à les entendre, que ce sont des hommes qui savent se battre et qui l’ont montré, qui ont confiance en eux-mêmes, et qui se font craindre plutôt qu’ils n’ont peur. Les Grecs de la Crète sentent de plus en plus qu’ils sont en mesure d’exiger des privilèges, des ménagemens tout particuliers, et que l’on compte avec eux.
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George Perrot L’Ile de Crète, Souvenirs de voyages…

LES HABITANS : TURCS, GRECS ET SFAKIOTES. — L’ILE DEPUIS LA GUERRE DE L’INDEPENDANCE. Quand on voit sortir des flots de la Mer-Égée les côtes fuyantes de cette étroite et longue terre qui porte encore son antique nom de Crète, quand, après un premier regard jeté sur l’île, on en parcourt les rivages et qu’on en remonte les vallées, on est frappé des difficultés qu’opposait ici la configuration même du sol à la formation d’un grand état et à la création d’une véritable unité politique.
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George Perrot L’Ile de Crète, Souvenirs de voyages…

Là où s’offraient autrefois à l’admiration du voyageur de belles plantations d’oliviers, on ne voyait plus que des troncs noircis par la flamme, qu’un sol-jonché de cendres et de rameaux flétris. Il semblait que le plus impitoyable de tous les fléaux, la famine, dût se charger de perpétuer les maux de la guerre et d’enlever à l’île le peu d’habitans qui lui restaient. Le voyageur français Olivier, en 1795, évaluait la population de l’île, d’après des renseignemens qui paraissent dignes de confiance, à 240,000 âmes, à peu près également partagées entre les deux religions.
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