Claude-Henri de Fusée de Voisenon

Claude-Henri de Fusée de Voisenon

Résumé

Portrait de Claude-Henri de Fusée de Voisenon Claude-Henri de Fusée de Voisenon Romans et Contes de M. l'abbé de Voisenon… (1818)

Tricolore, loin d'être intimidée, fut rassurée par ces paroles ; elle se flatta que le bonheur du prince Discret serait peut - être un de ces tant mieux-là. L'homme divin le conjectura sur sa physionomie, et prononça ces mots terribles :
Je sais ce que vous pensez ; mais-, ô princesse, que vous vous abusez ! Voua donnerez la mort à votre amant, et ce sera tant mieux pour lui. O ciel ! s'écria Tricolore, cela se pourrait-il? Mais, dit Potiron, cela ne laisse pas que de faire un joli caractère : si elle traite ainsi son amant, jugez de l'accueil qu'elle fera à son mari.
Source : Gallica

Portrait de Claude-Henri de Fusée de Voisenon Claude-Henri de Fusée de Voisenon Romans et Contes de M. l'abbé de Voisenon… (1818)

Je le crois bien, dit la petite fée ; oh ! c'est un bel esprit que notre grand instituteur!
J'en reviens , dit le prince, à l'enchantement de la reine. Doucement, dit le grand instituteur, cela ne vous regarde point : ce ne sera pas vous qui le romprez, ce sera moi. Et comment cela? répliqua le prince. Ah ! comment cela ! reprit le grand instituteur avec un air ironique. Vous savez comment vous avez fait l'entrevue de Tricolore chez la reine. Le prince rougit, les deux fées rirent, et le prêtre continua ainsi : Vous savez comment vous avez fait cette entrevue , n'est-il pas vrai ?
Source : Gallica

Portrait de Claude-Henri de Fusée de Voisenon Claude-Henri de Fusée de Voisenon Romans et Contes de M. l'abbé de Voisenon… (1818)

Il tint tête à la fée Rancune ; il insista sur le mariage de Tricolore avec le prince Discret, et se fonda sur la volonté de la reine. Si ce n'est que cela, lui répondit la fée, je vais vous mettre à votre aise sur ce petit scrupule. Souvenez-vous que le destin a déclaré que la reine ne serait en droit de marier que les enfans dont vous seriez le père. Voilà qui est bien, dit le roi, je n'aime point à disputer; mais , en ce cas, votre fils pourra me ressembler. Potiron, qui savait vivre, lui répliqua poliment : Vous croyez que tout le monde est aussi paresseux que vous.
Source : Gallica

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