“ Si l’on n’a en vue que les résultats, et si l’on admet qu’il suffit d’avoir une bonne langue, l’Esperanto la résout, et l’intransigeance des disciples du Dr Zamenhof, qui ne veulent admettre dans leur langue ni changements ni réformes est justifiée. Mais l’humanité s’en tiendra-t-elle là ? Se contentera-t-elle d’une bonne langue internationale et ne voudra-t-elle point adopter la meilleure ? ”
Résumé
“L’Adjuvilo”, est une œuvre de Claudius Colas. Des thèmes tels que Ido, le pluriel ou la terminaison y sont abordés.
Citations de L’Adjuvilo (Claudius Colas)
“ Nous ne saurions mieux terminer cette Introduction qu’en reproduisant ces mêmes mots que M. de Beaufront sous le pseudonyme de Ido écrivait à la fin de sa brochure intitulée : Les vrais principes de la langue internationale. « Et qu’on n’espère pas que l’humanité se contentera du moins bon, du moins simple, du moins complet. Ce serait oublier qu’elle est et sera de plus en plus éclairée, sur la question... L’humanité boude plus ou moins longtemps devant le meilleur mais elle y vient toujours. » ”
“ Il peut de plus s’ajouter sans choquer aux racines latines quelle qu’en soit la conjugaison (dormi, veni) ainsi qu’aux racines germaniques qui gémissaient de se voir affublées brutalement par l’Ido d’un ar qui n’a rien d’artistique (ex. lernar, drinkar, aussi grossiers que dormar et venar) . 6. — Quant à l’accusatif, il est regrettable que l’Ido primitif n’ait fait qu’en compliquer l’usage, alors qu’il était si facile de le supprimer radicalement. Il’est un cas, disent-ils, où l’accusatif est utile, et un cas où il est nécessaire. Il est utile dans les inversions. ”
“ Prenant pour criterium de la meilleure langue internationale le principe émis par un savant Danois, M. Jespersen et vulgarisé par M. Couturat, nous avons, guidé par le seul souci de donner au monde la langue la « plus simple » et la « plus facile pour tous », élaboré l’Adjuvilo. L’Adjuvilo n’est pas une nouvelle langue. Il n’est autre que l’Ido mis au point, simplifié, débarrassé de ses défectuosités, de ses irrégularités, de ses complications, et revêtu d’une forme nouvelle à la fois beaucoup plus simple et plus harmonieuse. ”
“ Nous sommes fixé sur le sort réservé aux innombrables propositions d’améliorations et de réformes présentées par les idistes et insérées dans les pages « libres » de Progreso. Cette apparente libéralité n’est qu’un leurre : invariablement, quelque soit le bien fondé de ces diverses propositions, une petite « respondo » en fait table rase, et démontre péremptoirement qu’il n’y a, après tout, rien de mieux, que la forme actuelle de l’Ido, — forme sacro sainte et intangible en dépit des principes et des déclarations. ”
“ Nous avons vu que pour personnaliser un adjectif, l’Ido lui donne tantôt la terminaison o (bono, richo) , tantôt simplement la terminaison a (mea, ta, ca, qua) et tantôt la terminaison u (ulu, nulu, irgu) , sans que rien ne puisse justifier cette multiplicité de formes. Une étude attentive nous a convaincu que non seulement une désinence spéciale pour la personne n’est point nécessaire, mais qu’elle conduit à d’inévitables complications. Dans presque toutes les langues, d’ailleurs y compris l’Esperanto, la forme adjective suffit pour les personnes et est employée dans beaucoup de cas. ”
“ « La langue internationale ne doit renfermer aucune complication inutile. » Il est vraiment étrange que les auteurs de l’Ido aient oublié ce principe point d’introduire dans la L. I. des formes dont vingt années de pratique avaient démontré la parfaite inutilité, et qui, bien plus sont complètement absentes dans la plupart des langues modernes. Dans toutes les langues modernes le passif se forme à l’aide d’un auxiliaire accompagné du participe convenable. On dit : être aimé. « To be loved » « estar amado », « geliebt werden ». Il en est de même en Esperanto. ”
“ À supposer même que M. Couturat ait mille fois raison philosophiquement il a mille fois tort linguistiquement puisqu’il enlève à la langue internationale une ressource et une distinction que possèdent toutes les langues anciennes et modernes. Que dis-je il se met dans l’incapacité d’exprimer dans sa langue ses propres idées, et nous le mettons au défi de traduire en Ido la phrase que nous venons de lui emprunter. ”
“ Persuadé que l’avenir réservé à la langue internationale est immense, et qu’elle ne doit pas seulement être utile à ceux qui veulent exprimer des besoins matériels ou servir des intérêts commerciaux, mais encore donner une nouvelle âme à ceux qui pensent, à ceux qui aiment, à ceux qui chantent, et qui veulent que leurs pensées, leurs amours ou leurs chants retentissent au delà des frontières de leurs pays, nous nous sommes efforcé de donner à l’Adjuvilo toute la beauté, la douceur et la sonorité qui convient à la plus humaine des langues. ”
“ L’expérience faite quotidiennement depuis vingt années par plusieurs milliers d’Espérantistes de tous les pays du monde, a montré la variété infinie des services que pourrait rendre à l’humanité une langue auxiliaire apprise par chacun à côté de sa langue maternelle. ”
“ C’est une anomalie d’autant plus inexcusable que, au point de vue de la facilité, l’invariabilité de l’adjectif est un leurre : Je dis un leurre, et elle mérite doublement ce qualificatif, puisqu’il faut quand même dans certains cas donner un pluriel à l’adjectif, et qu’il est beaucoup plus difficile de faire apprendre par cœur des exceptions qu’une règle générale. ⁂ La langue auxiliaire devra se composer d’éléments réunissant la plus grande internationalité possible, afin d’être intelligible avec le minimum d’efforts par le plus grand nombre d’hommes. ”
“ Ce cachet manque à l’Ido primitif ; il fait à ceux qui voudraient le parler, l’impression d’une langue inachevée. La sonorité que gagnera la langue Ido par cette nouvelle forme de pluriel augmentera sa compréhensibilité. Avec moins d’efforts l’orateur des futurs congrès internationaux se fera entendre de tous ; avec plus de douceur et de force à la fois la langue internationale exprimera dans la littérature et dans la poésie [2] nos sentiments et nos impressions. 3. — Évidemment, nous devrons donner à la conjugaison une terminaison nouvelle. ”
“ Soit l’idée exprimée par l’adjectif bona. Nous pouvons considérer cette idée abstraitement, en elle-même, et nous avons, par la simple substitution de la désinence substantive à la désinence adjective, le mot bono (le bien) . Nous pouvons considérer cette idée concrètement soit dans une chose, un objet, et nous avons bon-ajo (une chose bonne) , soit dans un individu, et nous avons bon-ulo, (un individu bon) . Si maintenant nous considérons la qualité bonne de cet individu ou de cet objet, nous avons bon-eco (la bonté) . C’est simple, et c’est complet. ”
“ Une étude très attentive et très impartiale des différents systèmes perfectionnistes nous a convaincus que l’Ido est actuellement celui dont l’ensemble se rapproche le plus de la meilleure langue internationale. ”
“ Nous ne nous étendrons pas longuement sur le principe d’internationalité contenu, lui aussi, dans la définition de M. Jespersen. Si nous ne le faisons pas ce n’est pas parce que nous nous refuserions à attribuer toute l’importance qu’il mérite à ce principe fondamental « sine qua non » d’une langue internationale : c’est parce que nous jugeons qu’il a été assez bien mis en évidence par Ido, qui dans les Vrais principes de la langue auxiliaire lui a consacré une place à peu près exclusive ; aussi est-ce dans le Vocabulaire que se trouvent les défauts les moins nombreux. ”
“ Irrégularités dans la dérivation, où le passage de l’adjectif au substantif contredit souvent la règle générale : Puisque bono d’après la dérivation idiste, signifie un homme bon, richo, un homme riche, santo, un saint, etc., nulo devrait signifier personne et non pas rien, ulo, un homme quelconque et non une chose quelconque, irgo, qui que ce soit, et non, quoi que ce soit, to quo celui qui et non ce qui. ”
“ La homo, pluriel : la homi.Substantif. — Toujours caractérisé par la finale o (pluriel os) Homo : pluriel homos.Adjectif. — Terminé en a (inaccentué) , en al (accentué) , ou en tout autre consonne autre que s. L’adjectif est invariable au pluriel, excepté lorsqu’il est employé substantivement. Dans ce cas, on supprime la terminaison a, et on ajoute au pluriel i à la racine. Dans certains cas, où le pluriel de l’adjectif est nécessaire pour la clarté de la phrase, on ajoute i à la terminaison a.Adjectif : Toujours terminé en a (pluriel as) . ”
“ Ce principe a été, sinon formulé explicitement par les auteurs de l’Ido, du moins reconnu implicitement par eux comme nécessaire. La encore, après avoir émis des principes, MM. Couturat et de Beaufront sont restés à mi-chemin dans leur application pratique. L’invariabilité de l’adjectif, posée comme principe est contraire non seulement au génie et de toutes les langues néo-latines, mais encore aux habitudes de l’immense majorité des hommes civilisés, puisqu’il n’y a que deux langues qui la possèdent : l’anglais et le hongrois ”
“ Les terminaisons en ar qui sont absolument condamnées par l’évolution, obligent à introduire des exceptions dans l’accentuation des mots, et elles ne peuvent d’autre part être prononcées convenablement par les Anglais. Quant à la terminaison ez inaccentuée elle n’est pas assez sonore pour jouer décemment le rôle d’impératif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Nous ne pouvons passer en revue ici toutes les défectuosités de l’Ido. Mais il fallait montrer en gros les tares les plus frappantes de sa grammaire et de son vocabulaire. ”
“ Enfin, l’i comme terminaison du verbe à l’infinitif est connue de plus de 30 millions de Français, de tous ou presque tous les Italiens et d’un grand nombre d’Espagnols et de Portugais. L’évolution des langues néolalines a fait tomber l’r finale dans toutes les idiomes dont l’écriture n’a point fixé la forme. Même dans le français officiel, l’r de l’infinitif de la 1ere conjugaison ne se prononce plus : on écrit aimer mais l’on prononce aimé. ”
“ Fine, un ex la pley importantas qualesos de Adjuvilo estan sua granda simileso a un linguo naturala : Vu povan rimarki ke, progresante poke e poke, la linguo internacionala aquirin, en omna nova proyekto, una plu granda naturaleso : Volapuk similesin a nula linguo naturala ; Esperanto ja havin ula simileso, ma kun karaktero specala que farin it tro malproxima de nosas vivantas linguos. Ido havan un plu granda naturaleso quam Esperanto, ma kun malta stangajos. Fine Adjuvilo tale similesan a un nov-latina naturala linguo, ke on preske konfundun it kun la linguo espana. ”
“ La malfelicha viro desfaldis sua mantelo. À côté de al signifiant « qui a rapport à » on introduira de même facultativement le suffixe ik dans le sens de « qui procède de », « qui découle de », « qui est la conséquence de ». Ex. Cela, c’est de l’enfantillage : Tio estan nur infantikajo. Du reste ces deux suffixes ne seront employés que dans les cas de réelle utilité, quand la simple désinence a (moins précise) ne suffit pas. Le préfixe ek marquera, comme en Esperanto, l’inchoation : ekklami s’écrier, ekdormi s’endormir etc., tandis que esk aura le sens précis de devenir tel : Ex. ”
“ Si l’Espagnol approuve quand on lui traduit aimer par amar, si le Français comprend quand on lui dit venez, ils ne peuvent s’empêcher l’un et l’autre de trouver grotesques que venir se traduise par venar, dormir et courir, par dormar et kurar et que li irez signifie : qu’ils aillent. ”
“ Peut-on dire que décoller soit le contraire de coller au même titre que mauvais est le contraire de bon ? de même déplier est-il, par rapport à plier ; ou découvrir relativement à couvrir, ce que sot est rapport à sage ? ”
“ De même que l’s est la caractéristique indo-européenne du pluriel, de même la lettre n est la caractéristique verbale par excellence de la même famille. Celle lettre se trouve à la 3e personne du pluriel des langues latines et néolatines ainsi qu’au participe ou gérondif des mêmes langues. On la trouve comme terminaison verbale en allemand, en flamand et dans plusieurs langues ou idiomes germaniques. Le persan possède comme terminaison verbale : -on le pehlvi : -an ; le sanskrit : -un, le grec : -ein, le teuton : -an, -en, -in, -on ”
“ Dans tous les patois français : normand, picard, bourguignon, franc-comtois, etc., et dans tous ceux du midi, l’r de la 2e conjugaison est tombé, et l’on dit dormi, veni, couri, pour dormir, venir, courir [2] . ”
“ Simpla, flexebla, harmonioza, vere internacionala, en suas elementos, Adjuvilo prezentan a la mondo civilizita la sole vera solvo de linguo ajuvanta. Nam tre facila por homos nemulte instruktitas, it estan komprenata sen peno per la personos bone edukitas. ”
“ Ibe on konocan apene la sulo ; la floros estan la muskos maralas, las algos e la kolorozas konkos, que on trovan en la fundo de l’golfetos dezertas. Ibe, la nubos semblan sen koloro, ed ipsa la joyeso estan poke malgaya ; ma fontenos de malvarma aquo ibe fluan ex rokajos, e las okulos de las yunulinos estan quale tias verdas fontenos, en quas, surfundos de herbos ondoformas, la cielo su reflektan. ”
“ Mais à côté de ces supériorités il contient, dans la grammaire notamment, de très graves défectuosités et des complications qui ont éloigné de lui maints réformistes des plus résolus et ont empêché sa propagation au delà d’un petit cercle de 300 ou 400 adeptes. Si réels et si graves qu’ils soient, ces défauts ne sont pas irrémédiables. ”
“ La progresi di la cienco e di l’industrio dum la deknovesma yarcento multigis grandege la relati inter omna civilizita populi : la fervoyi e la vapornavi proximigis li reciproke, la telegrafilo, la telefonilo supresis la disto inter li.La progresos de la scienco e de la industrio dum la deknovesma sieglo multifin grandege la relatos inter omnas civilizitas popolos : la fervoyos e la vapornavos proximifin los reciproke ; la telegrafilo, la telefonilo supresin la disto inter los. ”
“ Paris, 1er Août 1910. ↑ Toutefois les partisans des systèmes homogènes, et parmi eux on compte de très éminents linguistes tels que MM. Peano, Rosenberger, Meysmans, Monseur, Pagliero, Malenaar, etc... restreignent celle internationalité aux seules racines d’origine latine. ”
Termes fréquents
Œuvres similaires
Les préjugés contre l’Espéranto…De l'unité de composition grammaticale et syntactique dans les différentes familles de langues…Les noms de lieu dans les langues romanes…Revue de linguistique et de philologie comparée…Traité complet de la lexigraphie des verbes français…Essai sur la langue basque (Ferenc Ribáry…Observations grammaticales sur quelques passages de l’essai sur le pali…Langue Internationale Esperanto Introduction et Manuel…Volapük et Lingvo Internacia (Léopold Einstein…Revue de linguistique et de philologie comparée…
