Résumé

De la Vérité politique, ou suite de "Un dîner" (1839)

Si la liberté est un droit pour l'intelligence, elle est un poids salutaire pour la conscience. La conscience s'étend avec la liberté ; moins on dépend des autres, plus on sent le besoin de dépendre de soi-même. L'homme libre, responsable envers lui seul, sous le coup de son libre arbitre, par cela qu'il agit volontairement, veut agir sciemment; il se voit tout entier et sans excuse vis-à-vis de sa conscience; et la conscience, qui l'éclaire ? qui l'alimente? La religion. La liberté sans religion, c'est la voile sans le gouvernail, c'est une arme sans poignée, dangereuse pour toutes les mains.
Source : Gallica

De la Vérité politique, ou suite de "Un dîner" (1839)

Non, le beffroi est muet. — La puissance des souvenirs, l'éclat des traditions? — Non, tout prestige est éteint. Nul peuple ne connaît moins ses pères, nul pays n'a moins de passé. — L'impulsion gouvernementale? — Non, le souffle du gouvernement ne remue personne. — La liberté? — La liberté aux inspirations généreuses , aux dévouements sympathiques, non, mais seulement cette liberté bâtarde qu'exploitent l'intérêt, l'égoïsme, l'ambition d'être plus, la soif d'avoir davantage. Le monde est l'arène d'un individualisme effréné, ne voyant que lui, ne croyant qu'à lui, et faisant sa proie de tout.
Source : Gallica

De la Vérité politique, ou suite de "Un dîner" (1839)

Vous avez là, Monsieur, la clé de mon opinion ; je crains également de ce que la volonté n'est pas règle, de ce que la force n'est pas direction. Si l'amour de l'ordre ne doit pas nous rendre aveugles, l'amour de la liberté ne doit pas nous rendre sourds. La vérité politique pour la France est l'équation de l'ordre et de la liberté. La grande difficulté est l'appréciation de cette liberté.
Source : Gallica

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