Edmond Rostand

Edmond Rostand

Résumé

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand Un soir à Hernani

Aucun éclair n'a lui dans la ruelle noire;
Nul n'a senti tomber cette graine de gloire;
Et lui-même l'enfant n'est pas resté songeur.
On se bouscule, on crie, on jure; un voyageur
Chante... Et le germe obscur descend au fond de l'âme.
«C'est Hernani, tu vois», a murmuré Madame
La générale Hugo, d'une distraite voix.
Et l'enfant regardait. «C'est Hernani, tu vois»,
Dit cette mère. Et tout, pendant cette minute,
Tout, Don Ruy, Don Carlos, le grand vers dont la flûte
Soupire, le bandit, l'amour, le collier d'or,
La bataille de mil-huit-cent-trente, le cor,
Mademoiselle Mars, la salle qui trépide.
Source : Gutenberg

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand Un soir à Hernani

Quoi ! pour Victor Hugo, des trompettes ? — Déjà ?
Non, mais pour le Trésor. Ce Trésor protégea
Le petit voyageur pour qui tremble la Muse.
Il est de ces hasards bienheureux. Dieu s’amuse.
Deux mille hommes à pied ! mille hommes à cheval !
Et l’on serre les rangs ! et dans l’ombre du val
La Providence — car toujours la Providence
Lorsque naît un génie est dans la confidence ! —
Sourit de ce Trésor qui n’est qu’un prête-nom ;
Et trois mille soldats renforcés de canon,
Gardent, croyant garder un coffre plein de piastres,
Un merveilleux enfant dont l’âme est pleine d’astres !
Source : Wikisource

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand Un soir à Hernani

Le nom d’Hernani roula dans l’or du soir !
Hernani ! Hernani !...
Hernani ! Hernani !... Pâtre du pays basque,
Quand le silence emplit le val comme une vasque,
Tu l’entends se rider au loin du moindre bruit ;
Et tu peux, quand parfois tu jettes dans la nuit
Le long ricanement de ton vieux cri de guerre,
Suivre, comme un enfant suit jusqu’au bout sa pierre,
Ton cri jusqu’aux derniers ricochets musicaux
De ses échos et des échos de ses échos !
Source : Wikisource

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