Fagus, Frère Tranquille. Poème, suivi de la Dévotion aux princesses gardiennes et du Jeu-parti de futile (1922)
“ La pensée est chétive chose et misérable, Un sage mort ne vaut pas une chienne en vie, On le voit quand on tient l'humble tas d'os friable Où tremble la raison d'être de cette vie. La pensée après tout, oui, que m'importe d'elle : Où va-t-elle? on ne sait, et ne sait d'où s'en vient, Et sa soeur l'âme qu'on m'assure être immortelle, C'est même antienne : où loge-t-elle, on n'en sait rien. Au fond de tout cela j'en ai peur, duperie, Et l'on ne voudrait pas être dupe, pourtant : Il n'est de saisissable en somme que la vie, Et si peu captivante, et pour si peu de temps ! ”
