Résumé

Fagus La Guirlande à l'épousée, poème (1921)

LA GUIRLANDE A L'ÉPOUSÉE
X
— Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville.
— Il pleut, mon coeur, il pleut à verse, Et l'on dirait que c'est du sang, Ton sang qui de ton flanc qu'on perce S'échappe comme un océan ;
Le ciel pourri comme mon âme, Ce ciel est plein comme mon coeur ; Tu n'es pas là, ma pauvre femme, Tu n'es pas là, tu n'es pas là !
Ciel malade et bouleversé,
Les vents sont noirs, sourde la pluie,
Et les nuages pourchassés
Me semblent, vomis par la nuit,
Les fantômes qui s'enfuient De nos beaux jours trépassés : Le bonheur est une fusée.
Source : Gallica

Fagus La Guirlande à l'épousée, poème (1921)

L'aube aurore est accourue, Elle est accourue et rit ; Elle rit : les brises naissent, Tout circule et tiédit, C'est la vie et c'est la joie.
L'aube aurore danse, Tout l'horizon tremble, Ensemble tournoient Les écharpes d' or : C'est la vie encore, La vie et la joie.
Et voici que sur la branche De l'arbuste qui s'esseule, Une fleur est apparue, Étoile vivante et nue ; Si désespérément blanche, Où des roseurs si ténues Insaisissablement tremblent, Si fragile de parfum, Si tendre d'éclat que semble Ton apothéose, ô neige, A travers le printemps rose.
Source : Gallica

Fagus La Guirlande à l'épousée, poème (1921)

LA GUIRLANDE A L'ÉPOUSÉE
Je grimpe tout le long des volutes fragiles Dont fume du pêcheur la cahute d'argile ;
Je décalque les meurtres de soleils ; je jongle Avec les louis d'argent qui pleuvent de la lune ;
Je monte en bague l'arc-en-ciel, et des nuages Je dégage les franges d'or, les soirs d'orage ;
Je mets en branle les églogues du feuillage, J'entends dans chaque nid battre les petits coeurs
Mes balances discernent le palpitement La nuit, des fleurs, et je soupèse le silence :
C'est pour en tistre la symphonie indécise Qu'à ma Denyse porte une brise du soir.
Source : Gallica

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