Georges de Scudéry,
Arminius ou les Frères ennemis
“ Le cœur d’Arminius, est celui d’Hercinie ; C’est à moi que s’adresse, et ta haine, et tes coups ; Et tu veux me blesser, en blessant mon époux. Oui, si ta cruauté désormais continue, Plonge, plonge ce fer, dedans ma gorge nue : Efface de ce cœur, en daignant le percer, Ce que la seule mort, à pouvoir d’effacer. C’est là que mon époux, triomphe de ton crime ; C’est là qu’il établit un règne légitime ; C’est là qu’il a son trône, et tu n’avances rien, Si pour frapper son cœur, tu ne frappes le mien. Je te l’offre cruel, je te l’offre barbare ; L’amour nous rejoindra, si la mort nous sépare ”
