Résumé

Henri Dillon Mémoire sur l'esclavage colonial… (1814)

C'est une vérité qu'on ne peut sentir quaprès avoir long-temps habité dans les Colonies. C'est que l'esclavage doit être le calcul du philantrope, qui rêve le bonheur de l'humanité. Le gouvernement qui ferait aux noirs le funeste présent de la liberté ne serait pas plus sage et plus humain que celui qui armerait une société d'enfans d'instrumens meurtriers et leur dirait de se gouverner comme ils l'entendraient. Depuis le temps que les Colonies sont exploitées par des noirs , ils auraient dû prendre les moeurs des blancs avec lesquels ils vivent.
Source : Gallica

Henri Dillon Mémoire sur l'esclavage colonial… (1814)

La liberté est le diamant brute de la nature. Pour avoir quelque éclat, il faut qu'il soit réduit à quelques grains de son poids primitif. Il en est de même du nègre. Pour qu'il puisse jouir tranquillement de sa petite propriété, avoir sa subsistance assurée dans sa vieillesse, n'être point mangé ou brûlé par ses ennemis, n'être pas massacré par ses amis quand il sera infirme, il doit perdre sa liberté
personnelle toute entière, parce que ces avantages ne peuvent lui être assurés sans ce sacrifice.
Source : Gallica

Henri Dillon Mémoire sur l'esclavage colonial… (1814)

Quelle lenteur, quelle nonchalance , quelle immense perte de temps qui ne seraient souffertes par aucun maître ouvrier, par aucun entrepreneur, et que le maître du nègre souffre tous les jours ! Oui, sans doute, il est condamné au travail; mais quel être sur la terre en est exempt? Quel individu est dispensé de manger son pain à la sueur de son front ? Voudrait-on aussi soustraire les noirs à la nécessité du travail, et cette caste d'hommes seule dans la nature serait-elle dispensée de payer à l'humanité le tribut de ses facultés ?
Source : Gallica

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