Leconte de Lisle

Leconte de Lisle

Résumé

Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle La Démocratie pacifique

C’est l’oppression qui a inauguré le culte du dieu-argent ; c’est elle qui sacrifiera des victimes humaines aux pieds de ses autels. Au dedans de ce temple sont la force et l’impunité ; au-dehors sont la misère et la faim. Elles aussi ont conquis le monde ; le monde des déshérités, des enfants perdus de l’humanité, et c’est la foule immense, c’est l’éternel troupeau des faibles.
La misère et la faim, filles de l’oppression, exécutrices des hautes œuvres du dieu-argent !
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle La Démocratie pacifique

Jean-Jacques et la Convention nationale ont décrété la liberté du monde. Leurs voix se sont tues, leurs cœurs ont cessé de battre ; mais les principes éternels qui vivifiaient leur génie se sont réfugiés dans d’autres cœurs, ont été proclamés par d’autres bouches, et voici qu’au dix-neuvième siècle, à l’apogée de la civilisation, la justice et le droit sont encore le cri de l’avenir et la condamnation du présent : cri sublime arraché des entrailles de tout ce qui souffre, protestation universelle des peuples aux rois, des faibles aux forts, des hommes à Dieu !
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle La Démocratie pacifique

Et chez les peuples mêmes qui marchent en tête de la civilisation, les plus éclairés et les plus raffinés, que de crimes multipliés par elle, que d’attentats incessants, de tout ordre, de tout degré, sortis de cette source impure !
L’oppression ! c’est le Briarée moderne, aux cent têtes, aux cent bras, aux cent pieds ; sa pensée embrasse tout, sa force lui soumet tout, elle est présente partout.
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