Résumé

Louis Pénard Lettres sur la pratique de la médecine légale (1862)

Certes, le principal devoir de notre belle profession est le désintéressement: la vérité veut qu'on le reconnaisse, c'est là le devoir qui coûte le moins en principe à l'homme de l'art et le plus en application. En face d'une souffrance quelconque, le désintéressement va de soi ; mais en face des exigences d'un autre ordre, il n'y a pas nécessité de trahir les intérêts de sa propre famille. Que ceux qui exigent tant d'abnégation de la part du médecin, en montrent seulement par mois autant qu'il a occasion d'en déployer chaque jour, obscurément et sans mot dire, et tout ira bien.
Source : Gallica

Louis Pénard Lettres sur la pratique de la médecine légale (1862)

Quant aux ennuyeux imbroglios de la médecine légale, chaque praticien qui ne veut pas s'y livrer, cherche d'abord à s'en débarrasser au meilleur compte, s'inquiétant peu si l'exonération qu'il désire doit retomber en corvée sur le confrère.
Cette maladie du corps médical, car c'en est une, pourrait s'appeler de l'indifférentisme en matière de profession. Et cet indifférentisme, ancré sur l'égoïsme, est non seulement odieux en soi, mais encore préjudiciable, pernicieux même aux intérêts généraux.
Source : Gallica

Louis Pénard Lettres sur la pratique de la médecine légale (1862)

Pour être ce qu'on appelle médecin assermenté, le tour de force n'est pas difficile, il n'y a qu'à prêter serment. Quant aux experts médicaux en matière criminelle, s'il y en a, c'est pour mémoire. On en a vu peut-être dans l'instruction, c'est à ce titre qu'on les requiert, mais en cour d'assises, il n'en est plus question, il n'y a plus que des témoins; je le dirai et le redirai à satiété, nulle situation n'est plus instable et moins sauvegardée que celle du médecin près les tribunaux.
Source : Gallica

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